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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    Parmi les aspects à retenir de ces dernières élections, la forte implication des jeunes. Électeurs ou élus, ils ont mené «une petite révolution», souligne le politique Mustapha Sehimi, qui décortique pour nous ce phénomène.

    À 19 ans Noura Tahoussa présidera la Conseil de la commune rurale de Sidi Borja, dans la province de Taroudant. Et à seulement 18 ans, Ilham Belkass a été élue à la tête de la commune rurale de Sidi Dahbi dans la province de Settat. Deux exemples d’une jeunesse mobilisée durant ces dernières élections.

    En effet, près de 8% des électeurs lors du dernier scrutin ont entre 18-24 ans et la plupart votait pour la première fois. Si l’on ajoute à ceux-là les 25-34 ans, les jeunes représentaient 27% des électeurs inscrits. Du côté des candidats, ils ont été tout aussi nombreux à se présenter et à séduire les électeurs, malgré la suppression des listes des jeunes.

    Encore plus frappant, la consécration des jeunes femmes, avec «l’élection d’une femme présidente de région, de 3 mairesses de 3 des plus grandes villes du pays dont la capitale, de 95 femmes parlementaires et de près de 30 femmes présidentes de communes dont des jeunes».

    Une «révolution», estime le politologue Mustapha Sehimi. Ceci démontre «la bonne santé de notre démocratie et la grande avancée en matière d’implication des jeunes dans la vie politique», qui était jusque-là très limitée, souligne notre interlocuteur.

    Auparavant la méfiance vis-à-vis des partis politiques était patente chez les jeunes, souligne le politologue. Un constat amer fait par le roi Mohammed VI dans son discours prononcé le 27 juillet 2017 à l’occasion du 18-ème anniversaire de la Fête du Trône. «Les pratiques de certains responsables élus poussent un nombre de citoyens, notamment les jeunes, à bouder l’engagement politique et la participation aux élections. La raison en est qu’ils ne font tout simplement pas confiance à la classe politique, et que certains acteurs ont perverti l’action politique en la détournant de la noble finalité qui lui est assignée par définition», soulignait alors le souverain dans son discours.

    Le paysage politique n’a pas subi de bouleversements majeurs, mais les politiques ont dût s’adapter à la pandémie et changer leur communication. La crise du Covid a obligé les partis à investir le Net où s’est joué une grande partie de la campagne. «De manière massive, il y a eu un basculement de la campagne électorale vers le digital et les réseaux sociaux. Il s’agit d’un véritable phénomène qualitatif, avec la prépondérance du digital, qui a eu pour conséquence, un meilleur ciblage en direction des jeunes, qui sont omniprésents sur les réseaux sociaux», explique Mustapha Sehimi.

    «Les partis devaient alors reformater leur campagne électorale, en utilisant de nouvelles techniques comme le live, les débats interactifs et la mise au point de slogans simples et attractifs, en bref rajeunir leur stratégie», poursuit-il.

    Un pari gagnant pour certains partis qui ont conquis des électeurs mais aussi des candidats durant ces élections, note le politologue, soulignant que «cela s’est essentiellement produit dans les plus petites communes avec l’exemple des deux jeunes filles élues présidentes, mais aussi avec d’autres élus âgés à peine d’une vingtaine d’années et qui font leur entrée dans la vie politique».

    Un épiphénomène tout de même

    L’élection de ces jeunes a donc naturellement été boostée par la participation remarquable des jeunes au scrutin. «Ces derniers ont compris qu’il fallait voter et faire des choix qui répondaient à leur aspiration, c’est-à-dire soutenir des jeunes qui sont les plus à même à comprendre au mieux les problèmes de leur quotidien et qui sont bien placés pour porter leur voix», estime Mustapha Sehimi.

    Ces jeunes auront de lourdes responsabilités et représenteront officiellement leur commune ou région dans tous les actes de la vie «civile, administrative et judiciaire». Pour Mustapha Sehimi, «il faut se réjouir de cette révolution, même si elle reste modeste, car le profil des élus correspond toujours aux canons traditionnels».

    Lire aussi: Elections législatives du 8 septembre: quels pouvoirs de décision pour les futurs élus?

    «Les lois sociologiques font que les mutations de notre société soient très lentes. Le monde de la politique est dominé par des gens d’un certain âge qui sont expérimentés et savent mener une campagne . Ils ont surtout des réseaux et des soutiens, ce qui n’est pas forcément le cas des plus jeunes».

    Cela ne remet pas en cause les compétences des nouveaux jeunes élus, tient à souligner notre interlocuteur, pour qui, «être politicien n’est pas un métier mais un dévouement, du travail, des idées et des convictions qui sont défendus dans l’intérêt des citoyens».

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