« Maski’ri », un masque pour vaincre l’isolement social

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Pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus, les autorités marocaines avaient décidé, depuis avril, de rendre obligatoire le port du masque de protection pour tout déplacement à l’extérieur.

Un geste barrière indispensable mais qui pose un défi de taille pour les personnes malentendantes ou sourdes, qui se sentent isolées. En effet, les expressions faciales et des lèvres sont essentielles à la communication pour ces personnes, les masques classiques les privent donc d’un support visuel précieux.

Pour cette catégorie de personnes, lire sur les lèvres est primordial pour pouvoir participer à une conversation, a relevé Nadia El Alami, présidente de l’association « les Sourdoués ».

« Pendant la période de confinement, l’association a dû fermer et dispenser des cours en langue des signes par vidéo conférence, mais nous avons remarqué que nos jeunes ne pouvaient pas comprendre en raison du masques qui occultent nos visages, a expliqué dans un entretien à la MAP, Mme. El Alami.

« Ainsi, en rentrant chez moi, j’ai entamé des recherches sur internet et j’ai trouvé une jeune américaine sourde qui avait confectionné un masque avec une fenêtre transparente au niveau de la bouche, qui facilite la lecture sur les lèvres », a-t-elle fait savoir.

L’objectif fondamental de ces masques transparents est de permettre aux sourds et aux malentendants de lire sur les lèvres de leurs interlocuteurs, a ajouté Mme El Alami, notant que ce genre de masques est également très utile pour les autistes et les personnes ayant des difficultés d’apprentissage.

Il s’agit d’un outil alternatif, qui vient favoriser la communication pour cette catégorie étant donné que sans la lecture des lèvres, la compréhension devient très difficile, voire impossible.

 

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Le seul souci, pour cette dame au sourire contagieux, était de reproduire un modèle et de trouver une entreprise qui assurera la confection.

Après maintes négociations, deux entreprises, l’une basée à Tanger et l’autre à Assilah, se sont intéressées à la conception de ce projet à caractère humanitaire, a-t-elle fait savoir, notant que l’une de ces entreprises s’est portée volontaire pour former quelque 20 jeunes de l’association, devant être par la suite insérés au marché du travail.

Percé au centre d’une fenêtre en plastique transparente, ce masque permet d’éviter à cette catégorie l’isolement social durant cette période difficile, a-t-elle précisé.

Quelque 2.000 masques Certifiés IMANOR seront produits, dans un premier temps, et distribués à 24 associations à l’échelle nationale. Ensuite, quelque 1.000 masques seront distribués aux professionnels du domaine, moyennant un don à l’association.

« Nous nous sommes aperçus que ce masque, qui laisse voir les sourires, pourrait aussi être utile aux enfants, aux patients plus âgés et notamment aux touristes gênés de ne pas comprendre notre langue, d’où le nom Maski’ri », a relevé Mme El Alami.

L’association « les Sourdoués » est un centre communautaire où les sourds se retrouvent pour développer plusieurs compétences à travers des ateliers de formation à l’informatique, la langue des signes, la pâtisserie, la broderie, la coiffure aux arts plastiques.

Ces formations leur permet une insertion dans le marché de l’emploi, notamment dans des usines, des pâtisseries et des commerces.

Le centre offre également des séances de réhabilitation orthophoniques permettant aux enfants ayant des implants cochléaires de retrouver le langage et de reprendre le chemin de l’école.