Marrakech: un pilote et trois médecins impliqués dans une affaire d’avortement clandestin

Un pilote et trois médecins ont été arrêtés dans une affaire d’avortement clandestin. Le pilote approvisionnait les médecins en médicaments facilitant l’avortement et interdits à la vente qu’il se procurait en Espagne.

Demain vendredi 10 mai au tribunal de première instance de Marrakech se tiendra la deuxième séance du procès d’un pilote et trois médecins, impliqués dans une affaire d’avortement clandestin. Le pilote profitait de ses voyages pour  se procurer plusieurs médicaments interdits à la vente, dont Artotec, un médicament traitant les affections rhumatismales et interdit à la vente depuis juin dernier pour son utilisation dans des opérations d’avortement clandestin.

 

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Selon le site électronique Alyaoum24, le pilote est âgé de 24 ans seulement et est en dernière année de formation à l’aéroclub royal de Marrakech. Son complice médecin est lui âgé de 34 ans. Ce dernier profitait de ses relations pour se procurer des ordonnances au nom de son père, qu’il livrait au pilote pour qu’il puisse acheter des médicaments dont la vente est illégale au Maroc. L’affaire a par ailleurs éclaté après que des filles poursuivies pour avortement clandestin ont dénoncé leur médecin traitant.

 

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Ce dernier aurait d’abord tenté de nier l’affaire avant de tout avouer après que la police lui a présenté toutes les preuves l’inculpant. Il a par la suite expliqué qu’il avait rencontré le pilote lors d’une soirée à Marrakech et qu’ils avaient décidé de lancer dans cette affaire, avec l’aide de deux médecins internes. Le médecin a également confié à la police que les opérations qu’il effectuait depuis trois ans dans une maison, lui rapportaient au minimum 3000 DH. Le pilote et le médecin ont été placés en détention provisoire tandis que les deux filles qui ont révélé cette histoire ont été libérées sous caution.

Pour rappel,  une étude réalisée en 2016 par l’Association Marocaine de  planification familiale (AMPF) précisait qu’entre cinq et huit cas d’avortement non sécurisé pour mille femmes âgées de 15 à 44 ans ont lieu annuellement au Maroc, soit 50.000 à 80.000 cas d’avortement. L’avortement non sécurisé est responsable d’environ 4,2% des cas de décès maternels et de 5,5 % de décès suite aux complications directes post-accouchement.