Renvoi des procès des journalistes Omar Radi et Soulaimane Raissouni

215
DR.

Les procès des journalistes marocains Omar Radi et Soulaimane Raissouni, en détention préventive depuis près d’un an et jugés séparément dans deux affaires distinctes, ont été renvoyés respectivement au 1er et au 3 juin, a constaté l’AFP mardi.

Les deux journalistes ont toujours clamé leur innocence et leurs soutiens dénoncent des « procès politiques ». De leur côté, les autorités marocaines ont toujours mis en avant l’indépendance de la justice et la conformité des procédures.

Appelé en premier devant la Cour d’appel de Casablanca, Omar Radi, 34 ans, a fait son entrée le point levé, sourire aux lèvres mais visiblement amaigri après une grève de la faim de 21 jours, suspendue fin avril pour raisons de santé.

Le journaliste connu pour son ton critique est poursuivi pour « viol » et pour « atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat » avec « financement de l’étranger », deux affaires différentes, instruites et jugées conjointement.

Il s’est dit « incapable » de répondre aux questions du juge et a refusé que ses avocats déposent une nouvelle demande de remise en liberté provisoire.

Ses avocats ont insisté pour qu’il puisse voir un médecin « en préservant sa dignité et son secret médical ».

« A la suite d’hémorragies intestinales, Omar a été transporté à trois reprises à l’hôpital et a refusé d’être ausculté menotté et en présence de ses gardiens », a souligné Me Miloud Kandil.

 

Lire aussi : Le journaliste Soulaimane Raissouni en grève de la faim hospitalisé en prison

 

Selon le Parquet, « différentes entités suivent de près » son état de santé.

Une demi-heure plus tard, les avocats ont rejoint une autre salle de la Cour d’appel pour plaider pour Soulaimane Raissouni, 48 ans. Il est jugé pour « attentat à la pudeur avec violence » et « séquestration » après la plainte d’un militant LGBT.

Marchant difficilement, incapable de parler, de se tenir debout puis de rester droit une fois assis, le rédacteur en chef du journal Akhbar Al-Yaoum, est lui aussi apparu très affaibli, après plus de quarante jours de grève de la faim, pour obtenir une remise en liberté provisoire.

Ses avocats ont présenté une nouvelle demande de libération, sur laquelle la justice doit se prononcer jeudi.

Différents partis politiques se sont joints récemment aux appels à libérer les deux journalistes, après notamment deux pétitions signées par des centaines de personnalités marocaines –anciens ministres, intellectuels, journalistes, etc.

De leur côté, les deux plaignants à l’origine des poursuites pour « viol » ou « agression sexuelle » disent demander justice, en niant toute « instrumentalisation ».