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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    Ces derniers jours ont connu l’arrivée du ministre israélien des Affaires étrangères Yair Lapid à Rabat. Le ministre, qui faisait partie d’une importante délégation ministérielle comprenant des responsables de divers secteurs, tels que le tourisme, l’emploi, la santé et les épidémies, a notamment supervisé l’ouverture du bureau de liaison israélien à Rabat et visité une des synagogues de Casablanca.

    Par Mohamed Abdelouahab Rafiqui

    Cette visite, que le porte-parole officiel du ministère israélien des Affaires étrangères a qualifiée d' »historique » a remis les relations maroco-israéliennes au devant de la scène ainsi que polémique soulevée par l’accord tripartite au sein de l’opinion publique, entre saluer l’accord en raison des intérêts du Maroc et de ses enjeux nationaux et s’opposer à l’affirmation selon laquelle le Maroc ne peut pas normaliser les relations avec un pays qui occupe l’un des lieux les plus saints pour les musulmans.

    Bien sûr, de nombreux cheikhs et des hommes de religion sont venus nous dire que la normalisation avec Israël est un crime, que c’est interdit par la religion, et que c’est une trahison de la nation. Les questions que je pose là : quelle est la place de la fatwa aujourd’hui dans la chose politique ? Qui est en avance sur l’autre ? La fatwa est-elle celle qui fonde la position politique ? Ou la fatwa suit la position politique en lui conférant une légitimité religieuse après qu’elle ait été préparée dans d’autres cuisines, loin du rôle des fatwas et des académies de jurisprudence ?

    Ce n’est pas un problème moderne à mon avis. Ce qui est nouveau, c’est la position de ces opinions religieuses dans le contexte de l’État moderne, qui dans nombre de ses politiques et décisions s’est libéré de l’autorité de la religion et de ses hommes, mais il a toujours besoin de cette légitimité face aux sociétés conservatrices où la religion fait partie intégrante de son identité. Il n’est donc pas étonnant que les mouvements islamiques d’opposition empruntent le même chemin pour soutenir leur légitimité et contester la légitimité des régimes qui leur sont opposés. Cela montre que les concepts religieux sont flexibles et peuvent être interprétés et dirigés à droite et à gauche.

     

    Lire aussi: La chronique d’Abou Fafs. Les Marocains de Syrie: entre préoccupations sécuritaires et approche humanitaire

     

    Je pose une autre question en toute objectivité : ces fatwas qui sont imbriquées avec ce qui est politique et international sont-elles des positions ou des principes ? Quand al-Qaradawi a publié une fatwa, par exemple, interdisant de visiter Jérusalem, et il a considéré cela comme une normalisation, et la plupart des Sheikhs du monde islamique l’ont suivi dans cela, était-ce un principe fixe tel que décrit par beaucoup, ou était-ce une position « ijtihad » qui pouvait être reconsidérée et modifiée ? Notant que la visite des musulmans à Jérusalem ne s’est à aucun moment arrêtée. Elle a été maintenue même sous l’occupation pendant de longues périodes. Bien qu’une telle fatwa soit rejetée par de nombreux Palestiniens de Jérusalem eux-mêmes, avec leurs souffrances quotidiennes avec les politiques d’isolement, le mur de séparation, les barrières et les passages qui empêchent même ceux qui se trouvent près de Jérusalem de voir leurs familles, ainsi que privant ses lieux saints de millions de pèlerins qui peuvent relancer et promouvoir l’économie locale, Après tout cela, peut-on dire que l’interdiction de visiter Jérusalem est un principe et non une position ?

    Je sais très bien que la normalisation totale diffère dans son essence et son contexte de la question de la visite de Jérusalem, mais elle reste aussi une position et non un principe non négociable. Saladin lui-même, qui est l’icône des musulmans dans la lutte pour Jérusalem, et après avoir défait lors d’une bataille, il a été contraint d’initier le traité de paix « Ramla » avec les Croisés, et d’abandonner à peu près toute la côte du Levant, et de devenir un ami de Richard Cœur de Lion, qui a ouvert la voie au retour de Jérusalem aux Croisés après seulement deux décennies.

    Par conséquent, il n’est pas possible de s’appuyer sur la position de la religion sur le sujet, et elle n’a pas de principe clair, mais il faut plutôt s’appuyer sur la construction de décisions équilibrées, qui préservent les principes et les valeurs les plus élevés, et qui prennent en compte l’intérêt particulier loin des slogans et des émotions qui chatouillent, ce que je considère comme une réalité dans la position marocaine.

     

    Lire aussi: La chronique d’Abou Hafs. «Interdire les prières de l’Aïd: une décision sage et courageuse»

     

    Le Maroc a clairement déclaré son soutien aux droits du peuple palestinien et assuré ne pas les abandonner, mais d’autre part, il maintient la gestion de ses relations extérieures dans une manière qui préserve ses intérêts et soutient ses positions au niveau régional et international, et ceci, selon moi, rend la position du Maroc dans l’accord tripartite réussie et digne d’éloges.

    Le Maroc ne peut pas continuer à se mettre la tête dans le sable indéfiniment. Le sujet du Sahara a duré plus de quarante-cinq ans, et des mesures déterminantes doivent y être prises pour mettre fin à ce dossier qui a vidé la conscience et l’argent des Marocains, et le dossier de la Palestine a dépassé les soixante-dix ans avec toutes les guerres, victimes, tragédies et histoires tristes.

    Le Maroc aujourd’hui, qui préside le Comité Al-Qods, et qui affirme à chaque fois son engagement à défendre les droits des Palestiniens et à protéger leur leur héritage islamique, est en meilleure position pour être un pont et un médiateur entre deux parties qui n’ont aucune solution mais de s’asseoir à la table des négociations et de rechercher des règlements satisfaisants pour toutes les parties.

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