Madagh: plaidoyer pour l’introduction des valeurs du soufisme dans les programmes d’éducation

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Les participants aux travaux de la 12e édition de la rencontre mondiale du Soufisme, clôturée, dans la soirée du 3 décembre, à Madagh (province de Berkane), ont plaidé en faveur de l’introduction des valeurs spirituelles du soufisme dans les programmes d’éducation et d’enseignement.

L’objectif, selon eux, est «de donner naissance à une génération ouverte d’esprit et imprégnée des valeurs de citoyenneté universelle basées sur le vivre ensemble, la tolérance et la paix, et de corriger les fausses opinions au sujet de cette composante spirituelle de l’Islam».

Ils ont aussi appelé, dans des recommandations ayant sanctionné quatre jours de débats et de réflexion autour du thème «Soufisme et diplomatie spirituelle : dimensions culturelles, développementales et civilisationnelles», à la création d’institutions et de centres de recherches devant travailler sur le sujet de la diplomatie spirituelle, afin de promouvoir le riche héritage spirituel marocain et le propager sur les plans régional et international.

Les participants à cette rencontre académique, qui a réuni plus de 80 chercheurs, universitaires et experts, dont 40 venant de l’étranger, ont jugé important d’intégrer les zaouiyas, en tant qu’acteurs incontournables de la diplomatie spirituelle, dans les institutions officielles qui renforcent l’esprit de dialogue interreligieux et diffusent les valeurs de paix et du vivre-ensemble, et de leur permettre d’adhérer dans les organisations internationales actives dans ce domaine.

Le soufisme comme pont entre les nations

Ils ont, par ailleurs, préconisé plus d’ouverture sur l’Afrique en créant des partenariats avec les institutions religieuses des pays africains, afin d’approfondir le travail diplomatique religieux du Maroc et de promouvoir son modèle religieux du juste milieu, qui permet d’être protégé de l’extrémisme et de la violence.

Les conférenciers ont aussi recommandé la création d’une université internationale spécialisée dans le soufisme, les valeurs universelles et le rapprochement des civilisations, en plus de la mise en place d’équipes de recherche pour mener des études sur les causes des conflits internationaux en vue de les éviter et de créer un référentiel des valeurs humaines universelles.

Ils ont enfin convenu de continuer lors de prochaines éditions des rencontres mondiales du soufisme de traiter des sujets liés à la diplomatie spirituelle sous ses différentes dimensions.

Placée sous le haut patronage de SM le Roi, cette édition a été organisée, du 28 novembre au 1er décembre, par la Tariqa Qadiriya Boutchichiya en partenariat avec la Fondation Multaqa (rencontre) et le Centre Euro Méditerranéen pour l’Étude de l’Islam aujourd’hui (CEMEIA).

Les conférences programmées lors de cette édition ont été animées par des experts et intellectuels venant notamment d’Angleterre, du Canada, de Chine, des États-Unis, de France, du Madagascar, du Mali, du Maroc, du Mexique, du Niger, du Pakistan et du Sénégal.

La diplomatie spirituelle au centre des discussions

Cette rencontre scientifique s’est assigné pour objectif de mettre en relief le rôle joué par la diplomatie spirituelle dans le rapprochement entre les peuples et civilisations par le biais de la diffusion des valeurs nobles de l’Islam, notamment le vivre ensemble, la tolérance, la paix et le respect de l’autre.

Les participants ont traité de plusieurs sujets, dont «diplomatie spirituelle et fondement d’une culture de paix», «rôle de la diplomatie spirituelle dans la prévention contre l’extrémisme», «diplomatie spirituelle et capital immatériel des peuples», «diplomatie spirituelle marocaine et profondeur stratégique africaine» et «diplomatie spirituelle et les enjeux nationaux».

En marge de cette édition, la Fondation Moultaqa a organisé la 5e édition du village solidaire dédiée à l’économie sociale et solidaire, les troisièmes assises de l’écologie musulmane, qui ont réuni enseignants, chercheurs, scientifiques et activistes autour de questions liées aux changements climatiques, en plus de la 1ère édition de l’université citoyenne.