L’OMC analyse l’impact de la crise mondiale de 2008 sur les emplois du textile au Maroc

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A l’occasion de son dernier forum public le 11 octobre dernier, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a publié un rapport sur les politiques mises en place par les pouvoirs publics pour aider les marchés du travail à s’adapter à la mondialisation. Ecrit par deux chercheurs et économistes marocains indépendants, Saad Belghazi et Kawthar Berbich, un chapitre est consacré au Maroc et à ses politiques d’atténuation des effets de la crise mondiale de 2008 sur les emplois du textile, de l’habillement, du cuir et des chaussures. 

La crise économique de 2008 a aggravé la vulnérabilité financière des PME locales du secteur du textile, habillement, cuir et chaussures (THCC), un secteur pourtant prépondérant dans le pays. Selon l’enquête nationale sur l’emploi, entre 2000 et 2014, le nombre de travailleurs dans ce secteur est passé d’environ 580 000 à 440 000. La crise mondiale était perçue comme un risque de baisse significative de la demande extérieure adressée aux producteurs marocains, souligne le rapport, d’autant qu’elle intervenait dans un contexte de baisse de l’importance du secteur observée depuis les années 1990, en parallèle d’une augmentation de l’ouverture du secteur aux importations.

Conscient des inconvénients possibles mais inévitables de la récession économique mondiale observés en 2008 chez les principaux partenaires commerciaux du royaume, notamment la France et l’Espagne, le gouvernement marocain a décidé de prendre des mesures préventives par l’entremise d’un comité de veille stratégique (2009), présidé par le ministre de l’Economie de l’époque et comprenant des membres et des représentants du gouvernement.

 

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Les deux chercheurs constatent que les mesures prises visaient principalement à protéger les emplois plutôt que les travailleurs. Ainsi, les principales actions décidées par ce comité ont été axées sur trois objectifs: la protection et la promotion de l’emploi dans le secteur THCC, ainsi que celui de l’équipement automobile et des entreprises exportatrices de ces secteurs; la préservation du tourisme; et la maintenance des transferts de fonds des Marocains résidant à l’étranger. Pour ce faire, le comité a mis en place plusieurs dispositifs pour les entreprises du secteur allant de la réduction des coûts salariaux à la formation des travailleurs, la mobilisation de fonds jusqu’à la couverture du risque financier des exportateurs et le soutien à la diversification du marché.

Les politiques sectorielles ont abordé les changements structurels dans le but d’accélérer
processus de modernisation du secteur mais a omis l’introduction de mesures visant à
atténuer les conséquences de toute fermeture d’entreprise et perte d’emplois, précise le rapport intitulé « Rendre la mondialisation plus inclusive: leçons tirées de l’expérience des politiques d’ajustement ». Les politiques de l’emploi étaient axées sur deux points: les programmes actifs visant l’insertion des demandeurs d’emploi dans le marché du travail ou l’amélioration des compétences des diplômés entrant sur le marché du travail; et des programmes à forte intensité de main-d’œuvre pour les travailleurs peu qualifiés.

Les auteurs de cette analyse concluent que ces politiques d’ajustement ne traitent pas des aspects importants tels que la concurrence des entreprises face à la contrebande et les entreprises informelles,et  la perte d’attractivité du secteur, en particulier parmi les jeunes travailleurs.