Liberté de la presse: le Maroc gagne deux places (133e) au classement de RSF

Le Maroc a gagné deux places, passant de la 135e à la 133e place dans le classement annuel de l’ONG Reporters sans frontières (RSF). Deux places gagnées, mais encore un long chemin à parcourir pour le pays.

Reporters sans frontières (RSF) a dévoilé, ce mardi, son classement mondial de la liberté de la presse pour l’année 2019 qui concerne 180 pays. Si le Maroc y gagne deux place, il demeure toujours dans la zone rouge, signifiant que l’exercice du métier de journaliste est jugé difficile.

En effet, l’ONG pointe que «les médias marocains continuent de faire l’objet de harcèlement judiciaire», rappelant les procès d’un «certain nombre de personnalités des médias qui traînent depuis plusieurs années.

Ceci en plus des «nouvelles poursuites qui ont été engagées et des lourdes peines qui ont été prononcése», note RSF qui dénonce également l’emprisonnement de nombreux journalistes. RSF rappelle ainsi le procès du journaliste et militant Omar Radi condamné à «quatre mois de prison avec sursis, pour un seul tweet critiquant une décision judiciaire».

 

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L’année 2019 a également été marquée par l’arrestation de plusieurs youtubeurs et journalistes citoyens au Maroc. Et bien que le pays ait procédé à la création du Conseil national de la presse (CNP), cela «n’a pas contribué à rendre l’environnement des médias et des journalistes plus pacifiques», poursuit l’ONG.

Une décennie décisive

La situation au Maroc est symptomatique de celle en Afrique. L’index 2020 de RSF place 21 pays africains en rouge ou en noir, étant donné que les professionnels des médias travaillent «dans des conditions difficiles, voire critiques», souligne l’ONG.

«La décennie à venir sera décisive pour l’avenir du journalisme sur le continent», estime RSF, mais pour l’heure, «l’environnement des journalistes a continué à se détériorer» en Afrique du Nord, poursuit la même source.

En Algérie, «les journalistes ont été mis à rude épreuve depuis le début de la vague de manifestations du “Hirak” en février 2019». Le pays perd ainsi cinq places pour se retrouver à la 146e place. Avec deux places en moins, la Libye recule à la 164e place, dans un contexte très tendu marqué par les violences contre les journalistes, des crimes qui sont restés d’ailleurs impunis au cours de neuf dernière années, dénonce RSF.

 

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Seule la Tunisie fait bonne figure et conserve sa 72e place, bien que la situation des médias et des journalistes se soit aggravée depuis l’élection du nouveau président Kais Saied en octobre 2019, note la même source.

A la tête du classement mondial, la Norvège conserve sa première place, la Finlande et le Danemark se retrouvent quant à eux à la deuxième et troisième places respectivement. La Corée du Sud reste toujours à la dernière place, alors que l’Érythrée et le Turkmenistan sont à la 178e et 179e places respectivement.