L’éviction de l’Espagne de l’opération Marhaba lui coûtera 1,15 milliard d’euros

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Les ports espagnols n’ont pas été inclus dans le plan de réouverture progressive des frontières marocaines, notamment pour l’opération Marhaba. Les pertes du côté espagnol seraient de plus de 1,15 milliard d’euros.

En amont de l’opération Marhaba organisée par les autorités marocaines, le pays ibérique principal pays de transit pour les Marocains résidents à l’étranger organise habituellement l’opération «Paso del estrecho» (traversée du détroit en espagnol). Cette opération qui prévoit l’accompagnement de plus de 3 millions de Marocains chaque année, n’aura cependant pas lieu, après l’exclusion des ports espagnols du plan de réouverture des frontières maritimes et aériennes.

L’annonce a eu l’effet d’un choc en Espagne. Pour cause, les pertes seraient énormes si le Maroc ne revient pas sur sa décision. Le quotidien La Razon estime ces pertes à plus de 1,15 million d’euros (12 milliards de dirhams), que les Marocains venus des quatre coins de l’Europe déboursent en billets de bateau, gasoil, hébergement, nourriture, vêtements et autres.

Des professionnels du secteur en Espagne assurent toutefois que les pertes seront plus importantes. Le directeur commercial de la compagnie de transport maritime FRS indique dans une interview accordée à la radio Antena 3 qu’à elle seule «l’opération Paso del Estrecho génère plus de 500 millions d’euros», en matière de vente de billets.

 

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Manuel Piedra, président d’Aesba, l’association des entrepreneurs des services portuaires de la baie d’Algésiras, précise pour sa part que «chaque escale d’un navire dans le port génère des milliers d’euros de chiffre d’affaires dans de nombreux secteurs», allant des compagnies de transport maritime à celles de ravitaillement et de collecte des déchets.

Le maire de la ville d’Algésiras, point de départ pour de nombreux MRE, dit regretter cette décision, qui est une «mauvaise nouvelle pour l’Espagne dans son ensemble et pour Algésiras en particulier». Le maire du Parti Populaire reste confiant et espère tout de même un revirement de situation après la fête de Aïd al-Adha.

Mais pour le moment, les autorités marocaines n’ont opté que pour trois ports, à savoir, ceux de Sète et Marseille en France et celui de Gênes en Italie. Le plan sera révisé chaque deux semaines si besoin, soulignait néanmoins le ministère espagnol des Affaires étrangères.

Cette éviction des ports espagnols intervient après plusieurs semaines de tension entre Rabat et Madrid, qui avait accueilli en catimini du chef du Polisario Brahim Ghali, à la demande d’Alger.