L’Espagne inquiète d’un afflux des MRE cet été

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Alors que le gouvernement espagnol se dit prêt pour l’opération de la traversée de la Méditerrannée des Marocains résidents à l’étranger, certaines craignent envisageant le pire. 

L’opération Marhaba 2020 n’aura pas lieu en tant que telle. Pourtant le déplacement de plusieurs Marocains résidents à l’étranger est envisagé et planifié par les gouvernements espagnol et marocain.

En effet, du côté de la rive nord, la ministre espagnole des Affaires étrangères, Arancha González Laya a affirmé que «L’Espagne est prête pour le transit de citoyens», à condition que le Maroc décide de rouvrir ses frontières. De son côté, le gouvernement marocain reste à ce jour très évasif face à l’ouverture de ses frontières maritimes et aériennes.

Sans évoquer de date, le ministre de Affaires étrangères Nasser Bourita a toutefois détaillé les conditions pour la réussite de ce transit. Le premier n’est autre que l’ouverture des frontières, encore tributaire de l’évolution de la situation épidémiologique dans le royaume, mais aussi à l’international. La réussite de ce mouvement de voyageurs dépendra aussi des mesures mises en place par les pays de transit, comme l’Espagne et l’Italie, a-t-il affirmé, mardi 23 juin devant les Représentants.

 

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Une chose est sûre, si ce transit venait à être effectué, le Maroc imposerait un protocole à tous les voyageurs. «Le Maroc a un protocole clair, avec un confinement d’au moins 9 jours et deux tests PCR, ce qui impactera leur retour», a-t-il souligné.

Des conditions encore floues

Les gouvernements marocains et espagnols sont en «contact étroit sur cette question», a déclaré la ministre espagnole affirmant avoir discuté avec son homologue marocain à «d’innombrables occasions pour coordonner et préparer de la meilleur manière possible ce qui pourrait arriver».

Néanmoins, l’opacité des deux gouvernements durant ces négociations est dénoncée par plusieurs acteurs impliqués dans cette opération. Fait symptomatique, la publication, il y a moins d’une semaine des différentes mesures sanitaires à mettre en place pour permettre le déroulement de l’opération Marhaba, par la Direction de la Marine Marchande (DMM), dépendant du ministère de l’Equipement, du Transport, de la Logistique et de l’Eau.

Une situation de flou, qui bien que balayée d’un revers de main par le ministre marocain, relève encore quelques interrogations. Du côté espagnol, la pression commence à monter devant ce qui est qualifié d’«opération de transit la plus difficile de ses 32 dernières années», en raison de la pandémie, a déclaré le maire d’Algésiras, principale ville de passage.

 

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Le maire de droite, José Ignacio Landaluce, dénonce dans une interview accordée au quotidien ABC, «l’incertitude» qui règne et qui rend plus «préoccupante», cette opération. Le maire estime aussi que «l’Espagne n’est pas prête (…) la ministre est préparée à beaucoup de choses, mais pas à cela».

L’opération de transit est «une opération dans laquelle un millier d’acteurs hautement qualifiés se déplacent. Si le Maroc n’est pas là et n’est pas impliqué dans la coordination, alors l’opération est impossible», souligne Landaluce. Pour l’heure, le Maroc n’a pas encore annoncé de date d’ouverture de ses frontières. Le pays fait d’ailleurs face à une montée en flèche des cas de contaminations au Covid-19, principalement dans des foyers industriels.