Les pharmaciens dénoncent l’accord signé par Aït Taleb et la Fédération nationale de la Santé

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Les pharmaciens du privé ont dénoncé le dernier accord passé entre le ministère de la Santé et la Fédération nationale de la Santé, estimant que le ministre s’est «égaré» dans l’exercice de ses fonctions.

«Le ministère de la Santé s’est égaré suite à la signature d’une convention-cadre de partenariat stratégique public-privé entre le ministère de la Santé et la Fédération nationale de la santé (FNS) le 22 septembre 2020», affirme la Confédération des Syndicats des Pharmaciens du Maroc.

Dans un communiqué parvenu à H24 Info, la confédération fustige cette convention qui a été signée sans «la présence de pharmaciens, ni de leurs représentations professionnelles». Pourtant, cette convention a pour but de «mettre en synergie la dynamique des potentiels du secteur libéral qui compose la FNS avec les autres composantes, et ce, pour un système de santé marocain nouveau, à même de répondre aux différentes attentes du citoyen», affirmait le ministre de la Santé, Khalid Ait Taleb.

Cette exclusion a poussé les pharmaciens à «ne pas approuver» cet accord et toutes «les décisions ou recommandations émises ne seront pas contraignantes pour les pharmacies», poursuit le communiqué.

 

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De plus, les pharmaciens dénoncent leur mise à l’écart par l’actuel ministre de la Santé, «qui depuis qu’il a assumé ses responsabilités à la tête du ministère a exclu le secteur de la pharmacie avec son refus de recevoir ses structures représentatives», ce qui représente une «violation de la Constitution de 2011, qui prévoit la mise en œuvre d’une approche participative avec les représentants de la société civile pour l’élaboration de politiques publiques».

La Confédération a enregistré «ces transgressions sans précédent, et considère que le ministère de la Santé est perdu dans l’exercice de ses pouvoirs avec le secteur pharmaceutique», conclut le communiqué.

Contacté par H24 Info, le docteur Tayeb Hamdi, vice-président de la Fédération nationale de la santé, souligne que «cette convention-cadre a été signée pour que la FNS puisse apporter son expertise, mais nous n’avons jamais prétendu nous substituer à quiconque et bien sûr nous n’avons jamais exclu personne». Et d’ajouter: «nous essayons simplement d’apporter notre aide à ce chantier de réforme de notre système de santé».

Pour rappel, cette convention-cadre constitue une première s’est félicité le ministre de la Santé. «Si nous sommes réunis, c’est pour essayer d’abord de tisser une relation de confiance entre le secteur libéral et le secteur public (en vue) d’œuvrer ensemble, main dans la main, pour le nouveau chantier de la réforme du système de santé qui fera appel aux différentes possibilités et permettra l’émergence de nouvelles solutions marocaines», précisait Khalid Ait Taleb à l’issue de la signature.