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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    L’Ordre national des médecins a adressé une lettre au chef du gouvernement Saad Eddine El Otmani pour se plaindre de la nouvelle loi levant les restrictions à l’exercice de la profession par les étrangers. 

    Voté à l’unanimité le 28 juin dernier, le projet de loi n°33.21 modifiant et complétant la loi 131.13 relative à l’exercice de la médecine n’a pas été au goût de la profession. Deux semaines après, les voix continuent de se faire entendre contre cette réforme qui permet aux médecins étrangers d’exercer au Maroc sans les restrictions en vigueur jusque-là.

    L’Ordre national des médecins a adressé une lettre au chef du gouvernement Saad Eddine El Otmani pour se plaindre de la nouvelle loi levant les restrictions à l’exercice de la profession par les étrangers, informe le quotidien Al Ahdath Al Maghribia dans son édition du jour.

    Les médecins demandent ainsi de réviser la loi, car l’ouverture de l’exercice de la médecine aux étrangers constitue selon eux « un danger pour la santé des citoyens et des citoyennes », voire une « concurrence déloyale ».

    Ils pointent du doigt notamment l’absence d’équivalence du diplôme, de l’inscription à l’Ordre national des médecins et du pouvoir de contrôle de ce dernier. Des éléments qui avaient été proposés en amendements par les corps syndicaux, mais qui n’ont pas été retenus.

     

    Lire aussi : Le projet de loi relatif à l’exercice des médecins étrangers et MRE adopté

     

    Dr. Tayeb Hamdi, président du Syndicat national de médecine générale (SNMG), regrette qu’ils n’aient pas été directement intégrés dans la loi, mais reste convaincu qu’ils apparaitront dans des décrets ultérieurs. « Nous ne sommes pas contre cette loi dans sa globalité, nous sommes ouverts à l’exercice des médecins étrangers au Maroc, mais il faut garantir une qualité de formation conforme aux exigences nationales », déclare le médecin généraliste précisant que chaque pays a ses critères.

    Nécessité d’une carte sanitaire

    « Le texte de la loi ne précise pas les nouvelles conditions de l’exercice des étrangers, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y en aura pas. Il est inimaginable que chaque médecin ne doive pas déposer un diplôme pour travailler au Maroc », poursuit le médecin qui insiste sur l’importance d’une carte sanitaire qui doit être appliquée pour les médecins étrangers comme Marocains.

    En effet, on compte quelque 23.000 médecins actuellement au Maroc pour un besoin de 32.000. 50% des médecins exercent dans l’axe entre Kénitra et El Jadida, informe le médecin, donc ce serait contre-productif d’affecter des professionnels étrangers dans les zones déjà saturées. « Si l’on ne respecte pas cela, on va encore plus aggraver la situation ».

    Même avis du côté de Dr. Meryem Khayati, médecin généraliste, nutritionniste et spécialiste en médecine esthétique. « Pourquoi pas, si c’est dans le but de combler les déserts médicaux, mais cela ne doit pas se retourner contre les patients. Il faut quand même qu’il y ait une sélection pour préserver la santé du citoyen. »

     

    Lire aussi : Soins médicaux: la carte des déserts sanitaires du Maroc

     

    « Tous les diplômes ne se valent pas. La qualité des formations en médecine fournies par certaines universités des pays de l’Est par exemple peut facilement être remise en question. Ouvrir à tout le monde sans distinction pourrait ainsi porter préjudice aux citoyens. Les médecins étrangers souhaitant exercer au Maroc doivent a minima être soumis à un examen de compétences », explique Dr. Khayati.

    Et d’ajouter: « Au Maroc, par rapport à certains pays, nous sommes beaucoup plus en avance et rigoureux en termes de tests, de stages… On est soumis à plusieurs étapes de sélection ».

    La spécialiste soulève également « l’obstacle de la langue ». « Si on souhaite affecter ces médecins étrangers dans des hôpitaux périphériques ou dans certaines régions du Maroc, il y aura un problème de langue. Il serait nécessaire de valider un certain bagage linguistique ».

    Pour rappel, cette loi intervient dans le projet de refonte du système de santé au Maroc annoncé par le roi Mohammed VI dans le discours du Trône de 2020.

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