Les détails de l'arrestation de Benchemsi en Algérie

à 17:47

Khaled Drareni, journaliste algérien ayant été interpellé aux côtés d'Ahmed Benchemsi vendredi 9 août dernier en Algérie, a dévoilé les détails de l'arrestation de l'ancien directeur du magazine Telquel.

Le journaliste algérien Khaled Drareni raconte les détails de l'arrestation d'Ahmed Benchemsi en Algérie. Drareni précise avoir été arrêté en compagnie de Benchemsi le vendredi 9 août à 14h, à la rue Didouche Mourad près de la Place Maurice Audin.

"On a été conduits dans un fourgon cellulaire stationné au boulevard Mohamed V, où nous avons été interrogés. On m’a demandé si je connaissais Benchemsi. À la fin de l’interrogatoire, j’ai été relâché par les policiers après m’avoir demandé de déverrouiller mon téléphone, chose que j’ai catégoriquement refusée de faire", précise-t-il. Benchemsi, lui, n'a été relaché que vers minuit.

 

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Drareni explique qu'il a préféré attendre que Benchemsi quitte le territoire algérien pour livrer les détails de son arrestation. Estimant "nécessaire de rétablir la vérité" après que des chaines de télévision ont affirmé que "l'enquête des services de sécurité précisait qu'Ahmed Benchemsi avait un agenda étranger".

"Quel agenda et quelle enquête ? C’est à la justice de se prononcer. Benchemsi travaille pour une ONG des droits de l’homme et il est venu voir comment se déroulaient les manifestations. De plus, il a l’habitude de venir en Algérie", s'interroge le journaliste algérien qui s'insurge contre le traitement réservé pour le représentant de Human Rights Watch. "Il n’a pas été maltraité physiquement mais plutôt moralement : chaque matin, il devait aller et revenir au commissariat de Cavaignac. On lui réclamait le code pour déverrouiller son téléphone et il a refusé à chaque fois", se rappelle Drareni.

 

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"Un jour on l’a même fait attendre au commissariat de 8h du matin à 16h pour lui dire finalement de rentrer à l’hôtel. Heureusement qu’il y avait ses amis qui l’ont soutenu ainsi qu’un collectif d’avocats courageux...", relate le journaliste qui qualifie les autorités algériennes d' "allergique à tout ce qui a rapport avec les droits de l'homme". Selon Drareni, Benchemsi avait bien précisé l'objet de sa venue en Algérie. "Son seul tort était donc de prendre des photos des manifestants".