Les cigarettes vendues au Maroc toujours hors normes

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Alors que le projet d’arrêté « 10-1-10 » (10 mg de goudron, 1 mg de nicotine et 10 mg de monoxyde de carbone) vise à normaliser le tabac à une teneur de 10 mg de goudron, 71% des cigarettes vendues sur le marché marocain en contiennent 14 mg. 

En tout, ce sont 96% des cigarettes vendues qui sont hors normes, informe L’Économiste dans son édition du jour. Un chiffre considérable qui fait obstacle à la mise en application de la norme datant de 2012. 71% des cigarettes marocaines contiennent 14 mg de goudron et proviennent de deux opérateurs: la Société marocaines des tabacs (SMT, ex-Régie) via la marque Marquise, et Japan Tobacco International (JTI) avec Winston. Philip Morris récolte à peine 2% de part de marché avec sa marque Chesterfield.

Face à ce constat alarmant, le gouvernement se retrouve dans un dilemme. Réduire drastiquement la teneur de goudron à 10 mg pourrait dissuader les fumeurs et hâter la chute de la consommation du tabac et donc des recettes fiscales, explique le quotidien. En plus de cela, le lobby des opérateurs fait pression pour reporter la norme, voire l’abandonner carrément.

 

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Par ailleurs, ce retard a des retombées sur les pratiques des importateurs internationaux qui refusent de s’aligner sur les normes en vigueur dans leurs pays d’origine pour ne pas perdre face à la concurrence locale.

Au Maroc, les opérateurs semblent tous avoir de bonnes excuses pour ne pas se conformer à une norme mise en sourdine depuis 7 ans. La SMT requiert un « délai raisonnable pour ajuster son outil de production, revoir ses process, investir dans la R&D », rapporte le quotidien économique. D’autres avancent l’argument qu’ils achètent à l’avance le tabac pour fabriquer les produits destinés au commerce.

 

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Un écueil législatif fait également obstacle à la mise en application de la norme en question. L’article 2 de la loi 15-91 relative à l’interdiction de la cigarette sur les lieux publics omet de mentionner l’un des composants de la cigarette, à savoir le monoxyde de carbone. Avant de normaliser le tabac, il est nécessaire d’amender l’article 2. Une procédure législative qui risque de prendre du temps puisque l’amendement devra être examiné et voté par le Parlement.

Des consultations auraient démarré à l’initiative du ministère des Affaires générales, déterminé à concrétiser le projet. La norme devra s’appliquer au tabac fabriqué localement comme importé.