Les chiens errants, victimes collatérales du confinement

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A leur grand désarroi, les animaux errants se sont retrouvés seuls dans les rues désertées. S’ils se baladent désormais comme bon leur semble, ils demeurent affamés, sans les restes de nourritures que leur distribuent habituellement les cafés et restaurants. 

Les autorités de certaines villes continuent d’abattre les chiens errants, outrepassant l’interdiction de cette pratique et de celle de l’empoisonnement décidées par le ministère de l’Intérieur en novembre dernier. Une habitante de la ville de Guelmim a vu ses chiens domestiques tués par les autorités, en plein jour et en public, avant et pendant le Ramadan, rapporte le média en ligne L’Opinion qui mentionne que des dizaines de chiens ont été empoisonnés par les autorités locales à Sidi Rahal, Dar Bouâzza, Sidi Bouknadel (entre autres).

A Salé, « les autorités concernées retirent les chiens à leurs vendeurs. Ils sont ensuite cloîtrés sans nourriture », témoigne auprès de nos confrères Habiba Tazi, co-fondatrice de l’Association de défense des animaux et de la nature (ADAN). Contrairement aux idées reçues, la militante explique que « le nombre de chiens errants est en régression actuellement » puisqu’ils « sont capturés et abattus systématiquement par les autorités compétentes des villes, hormis de rares exceptions », comme à Rabat.

Et d’ajouter: « Cette période de confinement représente à 10% une aubaine pour les chiens qui sillonnent tranquillement les rues des villes et à 90% un enfer, puisqu’ils n’ont plus quoi manger et sont toujours menacés par les autorités locales ».

 

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Selon Lebbar Karima, médecin chef de la division d’hygiène et de salubrité publique de la ville de Rabat, « les chiens errants présents dans la ville sont ramassés puis conduits à l’Association ADAN ». L’article souligne également la double dynamique entre ceux qui choisissent d’adopter pendant le confinement, et ceux qui se débarrassent de leurs animaux.

« Il y a des personnes qui ont peur d’être contaminées par le coronavirus à travers leurs chiens. Ce n’est qu’un prétexte pour abandonner leurs animaux de compagnie. D’autres personnes s’adressent à nous pour adopter des chiens afin de les consoler », illustre Habiba Tazi qui précise que « les chiens aboient à cause de la faim ». « Si les gens leur donnent les restes de leur nourriture, les chiens seront bien », espère-t-elle.