Les agriculteurs « spoliés » manifestent à Figuig, le club des avocats vole à leur secours

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Crédits: Figuig photographie

À partir de ce jeudi 18 mars, les Marocains d’El Arja ne peuvent plus fouler leurs terres, dont ils ont été expulsés par l’armée algérienne. Ce jour a été d’ailleurs déclaré jour de deuil dans la ville de Figuig, afin de protester contre cette décision jugée «abusive» par la population locale.

Un silence assourdissant s’est abattu sur Figuig ce jeudi, où pratiquement tous les commerces ont baissé le rideau. Ce n’est que vers 15h que les habitants de la ville ont débuté une marche pacifique, brandissant le drapeau marocain, afin de dénoncer cette «injustice».

Du côté d’El Arja les habitations et plantations ont été désertées. Des messages ont été inscrits sur les murs.

 

Aujourd’hui même, le Club des avocats au Maroc a annoncé se porter volontaire pour porter une assistance juridique aux personnes affectées par cette décision. Contacté par H24info, Maître Mourad Elâjoutti, président du Club, explique que le réseau «fournira un accompagnement juridique bénévole pour toutes ces personnes victimes d’expropriation».

«Nous sommes déjà en contact avec quelques-unes des personnes visées par cet ordre d’expulsion», affirme Me Elâjoutti, notant que «dans un premier temps (nous) étudierons les arguments exposés par le régime algérien, qui se base uniquement sur la Convention de 1972, relative à la frontière maroco-algérienne».

Dans ce sens, Me Elâjoutti souligne que bien qu’il soit sur un territoire algérien, ces Marocains disposent de titres de propriétés. Et même dans le cas contraire, l’article 827 du Code Civil algérien dispose que «celui qui exerce la possession sur une chose, mobilière ou immobilière, ou sur un droit réel mobilier ou immobilier, sans qu’il en soit le propriétaire ou le titulaire, en devient propriétaire si sa possession continue sans interruption pendant quinze ans ».

Pour rappel, après avoir gardé le silence plus d’une semaine, le gouverneur de la province de Figuig a tenu une réunion, le mardi 16 mars, avec plusieurs des exploitants de ces terres agricoles afin «d’examiner les développements de la situation», rapporte l’agence MAP, citant un communiqué de la préfecture de la province de Figuig.

 

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La même source évoque une «décision provisoire et circonstancielle des autorités algériennes», face à laquelle il s’agira de chercher «les solutions susceptibles d’atténuer les retombées de la décision» algérienne.

Cette tâche incombera à l’autorité provinciale en «coordination et en concertation continues avec les instances représentatives de la communauté soulaliyate et les exploitants des terres agricoles», précise également le communiqué.