Le tribunal d’Agadir remet en détention le présumé violeur d’Ikram

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La justice a décidé mercredi de remettre en détention préventive un homme soupçonné d’avoir violé une fillette de six ans, dont la récente libération sous caution a suscité une vague d’indignation dans le royaume.

Mercredi, une manifestation de colère s’est tenue à Tata, en écho aux protestations de différentes ONG et d’une pétition lancée sur internet.

« Nous refusons le viol », « la mort plutôt que l’humiliation », ont scandé des dizaines de manifestants rassemblés pour la deuxième journée d’affilée dans cette ville située aux portes du désert, non loin du village où ont eu lieu les faits, selon des directs réalisés par des médias marocains. « Unissons-nous pour la dignité d’Ikram », proclamait une affiche.

Le suspect, un voisin, a été arrêté fin mai, quelques jours après les faits présumés, avant d’être libéré sous caution à la suite du retrait de la plainte du père de la jeune fille, selon l’ONG « Touche pas à mon enfant ».

Une pétition lancée sur internet demandant « justice » pour Ikram a été signée par quelque 180.000 personnes et adressée au tribunal d’Agadir, en charge de l’affaire.

 

 

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Mercredi, peu après la nouvelle manifestation de Tata, l’ONG « Touche pas à mon enfant » a dit avoir « appris avec satisfaction » que la justice avait ordonné de replacer le suspect en détention préventive, une information confirmée à l’AFP par une source judiciaire.

« Le ministère public a dés le début décidé de le placer en détention, mais le juge d’instruction l’a remis en liberté devant le retrait de la plainte et le résultat négatif de l’expertise médicale », selon cette source, précisant que le ministère public avait « eu gain de cause après avoir fait appel ».

L’instruction est toujours en cours et la date du procès pas encore fixée, selon la même source.

Plusieurs affaires de pédophilie ont défrayé la chronique ces dernières années dans le royaume. Les ONG dénoncent notamment des condamnations jugées trop clémentes, exhortant les pouvoirs publics à muscler la législation et à renforcer la lutte contre les prédateurs sexuels.