Le Polisario assure que les combats se poursuivent avec l’armée marocaine

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Le polisario a affirmé samedi poursuivre les combats au Sahara alors que plusieurs pays appellent à respecter le cessez-le-feu de 1991, après l’opération militaire lancée vendredi par le Maroc à la frontière de la Mauritanie.

Le regain de tensions dans l’ancienne colonie espagnole que se disputent le Maroc et le Polisario depuis des décennies, a suscité de l’inquiétude à l’ONU, à l’Union africaine (UA) mais aussi en Algérie, en Mauritanie, en France, en Espagne ou même en Russie, pays qui suivent de près ce dossier.

Le cessez-le-feu signé entre belligérants marocains et les séparatistes sous l’égide de l’ONU en 1991 « appartient au passé » et « les combats continuent », a répété avec force samedi le Polisario.

Ibrahim Ghali, secrétaire général du Polisario a fait savoir qu’il avait « déclaré l’état de guerre » et décrété « la reprise des actions armées, afin de protéger les droits inaliénables de notre peuple ».

 

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Vendredi, Rabat avait annoncé avoir lancé une opération militaire dans la zone-tampon de Guerguerat, à l’extrême sud du Sahara occidental, afin de rouvrir la route conduisant vers la Mauritanie voisine. Le Maroc accusait « le Polisario et ses milices » de bloquer depuis trois semaines la circulation au niveau du poste-frontière de Guerguerat, sur cet axe routier essentiel pour le trafic commercial vers l’Afrique de l’Ouest.

« Eviter l’escalade »

L’état-major général marocain a indiqué vendredi soir que le passage de Guerguerat était « complètement sécurisé via la mise en place d’un cordon de sécurité par les forces armées royales », tandis que les Affaires étrangères répétaient que « le Maroc reste fermement attaché au cessez-le-feu ».

De son côté, les séparatistes ont affirmé vendredi soir que leurs forces avaient mené des « attaques massives » le long du mur de défense marocain dans les zones de Mahbès, Haouza, Aousserd et Farsia, avec « des dégâts humains et matériels chez l’ennemi ». Il n’a pas été possible de vérifier ces informations de source indépendante.

« C’est faux ! », a réagi une source informée jointe par l’AFP à Rabat, en soulignant que ni l’état major marocain ni les casques bleus de la Minurso ne faisaient état d’actions le long du mur de 2700 km qui coupe en deux l’immense territoire désertique au statut non réglé depuis le départ des colons espagnols.

Vendredi, le chef de l’ONU, Antonio Guterres, a dit « regretter » que ses efforts des derniers jours pour « éviter une escalade » aient échoué.

Pour sa part, le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, a exprimé sa « profonde préoccupation », en s’inquiétant des « menaces graves de rupture du cessez-le-feu ».

 

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La Mauritanie et l’Algérie, pays voisins impliqués dans des négociations politiques au point mort depuis 2019, ont appelé à la « retenue » et à l’arrêt des actions militaires.

Paris a exhorté les deux camps à « tout faire pour éviter l’escalade et revenir au plus vite à une solution politique ». Moscou a enjoint les parties à « éviter tout mouvement pour exacerber la situation », tandis que, dans la même veine, Madrid appelait à la « retenue et à la responsabilité » pour préserver « la stabilité dans cette région stratégique située à la charnière de l’Afrique et de l’Europe ».

De leur côté, la Jordanie, l’Arabie saoudite et les monarchies du Golfe ont apporté leur soutien au Maroc.

La Minurso a déployé sur le terrain « une équipe spéciale composée de civils et de militaires depuis le début de la crise » et des observateurs militaires devaient rester sur place toute la nuit, a précisé vendredi Stéphane Dujarric, le porte-parole du chef de l’ONU, au cours d’un briefing à New York.