Le PJD bloque la réforme sur l’enseignement

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Habib El Malki. ©DR

Alors que le groupe parlementaire du Parti justice et développement (PJD) s’est retiré des travaux de la Commission de l’éducation nationale mardi dernier, Habib El Malki, président de la Chambre des représentants et ancien ministre de l’Education nationale, organise une réunion ce lundi 18 février en présence des chefs de groupes parlementaires pour débloquer la situation. En cause, la question de l’enseignement des matières scientifiques en langues étrangères. 

Bien que validée par la Vision stratégique, élaborée par le Conseil supérieur de l’enseignement, l’introduction des langues étrangères dans l’enseignement des matières scientifiques divise les parlementaires au sein même de la majorité, peut-on lire dans les colonnes de L’Économiste ce lundi. Face aux autres formations, le PJD demeure un « ardent défenseur » de l’enseignement en arabe de ces matières, tout comme l’Istiqlal.

Le PJD refuse l’enseignement des matières scientifiques dans les langues étrangères, « encore moins en français », précise le quotidien. Mais le groupe majoritaire a reconnu qu’il était possible d’appliquer une telle mesure de manière progressive sur une période de dix ans. Au terme de cette période, un bilan évaluatif éclairera sur les directions suivantes à emprunter.

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Pour instaurer ces langues étrangères de façon progressive, l’alternance linguistique est envisagée. Concrètement, l’enseignement se ferait par unité, soit en arabe soit en traduction française ou anglaise. Le ministère de l’Education nationale avait déjà analysé ce système et conclu à l’impossibilité de sa mise en oeuvre.

Selon une source de L’Économiste, une réunion entre les chefs de la majorité devrait se tenir cette semaine afin de trouver un consensus sur cette question qui affaiblit considérablement la coalition gouvernementale. Saïd Amzazi, ministre de l’Enseignement supérieur qui porte le projet de réforme, n’est quant à lui pas soutenu par son propre parti, le Mouvement populaire (MP) – qui ne soutient pas non plus les amendements proposés par la majorité.

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Derrière cet imbroglio politique se cache « une bataille des idées et des valeurs », analyse notre confrère, qui rappelle à dessein que le projet de loi-cadre a été élaboré et adopté par le gouvernement El Otmani, ainsi qu’approuvé par le Conseil des ministres présidé par le roi. Le journaliste évoque des consultations téléphoniques entre le groupe parlementaire présidé par Driss El Azami (actuel maire de Fès) et le chef du gouvernement également secrétaire général du PJD.

Selon L’Économiste, des rumeurs rapportent que les députés du PJD agissaient sous l’influence de l’état-major du Mouvement pour l’unicité et la réforme (MUR), « bras idéologique du parti de Saâdeddine El Otmani » et présidé par Abderrahim Chikhi, membre du cabinet de l’ancien chef du gouvernement Abdelilah Benkirane.