Le niveau de vie des Marocains s’est accru annuellement de 2,7% entre 2013 et 2019

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Le niveau de vie au Maroc a augmenté en dirham constant à un taux annuel de 2,7% entre 2013 et 2019, contre 3,6% entre 2007 et 2014, selon le Haut-commissariat au Plan (HCP).

Cette progression a concerné aussi bien le milieu urbain que le milieu rural, souligne le HCP dans une note publiée, mercredi, sous le titre « l’évolution du niveau de vie des ménages et impact de la pandémie covid-19 sur les inégalités sociales ».

Le niveau de vie par tête a ainsi augmenté de 2,4% en urbain et de 2,7% en rural entre 2013 et 2019, précise la même source, faisant savoir que les inégalités sociales et la pauvreté monétaire au Maroc ont été appréhendées à partir des données issues de l’enquête nationale sur les sources de revenu réalisée par le HCP, du 1er décembre 2019 à fin mars 2020, auprès d’un échantillon de 3.290 ménages. Et de noter que Les résultats obtenus sont présentés par ménage et par personne.

Ladite note fait aussi ressortir que le niveau de vie par ménage, mesuré par la dépense de consommation annuelle moyenne des biens et services acquis par les ménages marocains, est évalué, au niveau national, à 86.094 DH, soit 7.175 DH par mois, 95.950 DH en zones urbaines (8.000 DH/mois) et 64.530 DH en zones rurales (5.378 DH/mois).

 

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En outre, le HCP indique que près de 66,1% des ménages ont un niveau de vie inférieur à la moyenne nationale, 59,9% en milieu urbain et 79,6% en milieu rural. A dépense égale par ménage, le niveau de vie diffère selon les tailles des ménages. A cet égard, la mesure et l’évolution du niveau de vie sont généralement approchées par la dépense annuelle de consommation par personne.

Ainsi, en termes nominaux, le niveau de vie par tête est passé de 15.900DH en 2013 à 20.389 DH en 2019. Cette amélioration a profité aussi bien aux citadins, pour lesquels le niveau de vie est passé de 19.500 DH en 2014 à 24.500 DH en 2019, qu’aux ruraux, passant de 10.425 DH à 13.360 DH au cours de la même période.

Par ailleurs, le HCP relève que le niveau de vie moyen est fortement influencé par le degré de dispersion de la dépense des ménages. Il est tiré vers le haut par les dépenses les plus élevées au détriment des dépenses les plus prépondérantes.

Pour remédier à cette limite, le niveau de vie médian est utilisé pour avoir une première estimation plus globale du niveau de vie, explique la même source, notant qu’il représente la valeur de la dépense qui scinde la population en deux segments sociaux à taille égale (50% de la population vivant en dessous de ce niveau de vie et 50% au-dessus).

Ainsi, le HCP fait savoir qu’au niveau national, la moitié des ménages dépense moins de 67.500 DH par an, soit 5.625DH par mois. Cette valeur médiane s’élève à 74.090DH par an en milieu urbain, 6.174DH/mois, et à 54.900DH/an en milieu rural, 4.575DH/mois.

Mesuré par personne, le niveau de vie médian montre qu’un marocain sur deux vit avec une dépense annuelle inférieure à 15.187DH en 2019 (1.266DH/mois). Par milieu de résidence, le niveau de vie médian est de l’ordre de 18.040 DH/personne dans les villes (1.503 DH/mois) et de 11.233DH dans la campagne (936 DH/mois).

 

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De même, la note fait remarque que la progression du niveau de vie, entre 2013 et 2019, a profité à l’ensemble des ménages, particulièrement aux catégories les plus modestes, et est moins inégalitaire.

Par catégorie sociale, le niveau de vie par habitant a connu, au cours de cette période, une amélioration en termes réels de 3,5% pour les 20% des ménages les plus défavorisés, de 2,9% pour la catégorie sociale intermédiaire et de 2,5% pour les 20% des ménages les plus aisés.

A cet égard, le schéma de la répartition sociale du niveau de vie fait ressortir que la moitié la plus aisée de la population (50% de la population appartenant au haut de l’échelle sociale) réalise 75,1% de la masse totale des dépenses (contre 75,8% en 2014), alors que la moitié la plus modeste n’en dispose que de 24,9% (24,2% en 2014).

Les 10% des personnes les plus aisées ont un niveau de vie supérieur à 37.631DH et réalisent près de 30,9% des dépenses totale de consommation, alors que les 10% les plus modestes, avec un niveau de vie inférieur à 7.402DH, n’en effectue que 2,9%. Les 20% des personnes les plus aisées totalisent 46,1% de la consommation totale des ménages (47% en 2014), contre 7% pour les 20% les moins aisées (6,7% en 2014).

Dans ces conditions, les inégalités du niveau de vie, mesurées par l’indice de Gini, affichent une nette baisse passant de 39,5% en 2013 à 38,5% en 2019, dénotant une croissance économique qui aurait été pro-pauvres, précise le HCP.

Côté pauvreté et vulnérabilité monétaires, il indique qu’en 2019, ces phénomènes ont continué leur baisse. Au niveau national, l’incidence de la pauvreté absolue a baissé de 4,8% en 2013 à 1,7% en 2019. Par milieu de résidence, elle a respectivement baissé de 9,5% à 3,9% en milieu rural et de 1,6% à 0,5% en milieu urbain.

Parallèlement au recul de la pauvreté absolue, la vulnérabilité économique a également connu une baisse notable. C’est ainsi que la part des personnes économiquement vulnérables est passée de 12,5% en 2014 à 7,3% en 2019 au niveau national, respectivement de 7,9% à 4,6% en milieu urbain et de 17,4% à 11,9% en milieu rural.

« Il convient cependant d’avertir le lecteur que cette approche, que nous avons toujours privilégiée, nous est apparue comme ne rendant pas compte suffisamment de la réalité du poids des inégalités de répartition du revenu selon la composition des ménages et les réalités vécues par ces derniers », indique le HCP dans cette note.

Les ménages peuvent avoir, à revenu par tête égal, des consommations différentes selon le pouvoir d’achat réel, dépendant des charges assumées qui pèsent sur le ménage selon l’âge de ses membres, le partage des biens et services et les économies d’échelle qui peuvent en résulter, explique-t-il.

Et de soutenir: « Pour corriger ces biais, nous sommes convenus, conformément aux orientations adressées par le Haut-Commissaire au Plan aux cadres de l’Observatoire des conditions de vie de la population, d’approcher le niveau de vie par la dépense déflatée par les unités de consommation au lieu de la dépense par tête. Aussi sommes-nous tenus de recourir aux unités de consommation, représentées par des coefficients établis selon le nombre de personnes dans le ménage et leur âge ».

Ces coefficients ont été utilisés comme déflateur de la dépense et du revenu d’un ménage pour obtenir des niveaux de vie en équivalent-adulte. Ainsi, si le revenu ou la dépense par personne est le même, les ménages de plus grande taille auraient un niveau de vie supérieur. Cette approche a aussi l’avantage d’établir la comparaison des niveaux de vie à l’échelle internationale, notamment avec les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).