Le ministre de l’Intérieur français bientôt au Maroc pour parler islam et mineurs isolés

1068
Le ministre de l'Intérieur français, Gérald Darmanin, le 29 mai, à Paris. Crédit photo: Thomas Samson/AFP

Parmi les sujets prioritaires, le ministre de l’Intérieur évoquera celui des mineurs marocains non accompagnés. 

Gérald Darmanin aura un programme chargé durant sa première visite officielle au royaume prévue du 14 au 16 octobre. Il rencontrera dans un premier temps son homologue Abdelouafi Laftit pour aborder divers sujets tels que le trafic de drogues, le crime organisé, le terrorisme, l’excellente coopération avec les services de sécurité marocains notamment en termes de lutte contre le trafic d’êtres humains, ou encore l’immigration clandestine.

Concernent ce dernier point, il sera ainsi évoqué le délicat sujet des mineurs non accompagnés (MNA) marocains arrivés clandestinement et livrés à eux-mêmes sur le territoire français. Selon des données officielles françaises, 16.000 MNA sont dénombrés dans l’Hexagone, majoritairement des Marocains et des Algériens.

 

Lire aussi : Diapo. Paris: que fait-on des mineurs marocains non accompagnés?

 

A l’antenne de France Inter le 23 septembre dernier, Gérald Darmanin avait insisté sur l’urgence de traiter cette problématique sociale: «Je me rendrai au Maroc et en Algérie. J’y travaille beaucoup avec Jean-Yves Le Drian (ministre des Affaires étrangères français, ndlr), c’est une question à la fois de sécurité, de protection de l’enfance et de diplomatie, et nous devons absolument régler ce problème au niveau européen».

Dans une élocution ultérieure, le ministre avait précisé que les MNA venaient également d’autres pays européens, africains et asiatiques, dont la Tchétchénie et le Pakistan.

Darmanin s’entretiendra également avec Ahmed Taoufiq, ministre des Habous et des affaires islamiques, pour parler islam en France. Autre sujet délicat dans un contexte de préparation d’un projet de loi sur la lutte contre « les séparatismes » annoncée dans son discours du 2 octobre par le président français qui a nommément visé « l’islamisme radical ».

 

Lire aussi : Emmanuel Macron veut «libérer l’islam en France des influences étrangères»

 

Dans ce même discours, Emmanuel Macron a cité le Maroc parmi les pays qui financent l’islam en France, aux côtés de l’Arabie Saoudite, du Qatar, de la Turquie et de l’Algérie, qualifiant toutefois cette participation pour ce dernier et le royaume chérifien de « plus marginale ».

Il a ainsi annoncé la fin de « l’islam consulaire », soit le système pratiqué par la France d’organiser « la formation des imams dans des pays étrangers et celle des psalmodieurs » qui viennent « de manière régulière », et ce afin de « libérer l’islam en France des influences étrangères ».

« C’est la Turquie, le Maroc et l’Algérie qui fournissaient ces imams et ces psalmodieurs. Nous avons décidé de mettre fin à ce système de manière totalement apaisée avec les pays d’origine », a déclaré Macron, précisant que la transition aura lieu sur environ quatre ans et que les imams seront désormais formés en France.

Pour rappel, Gérald Darmanin a été nommé par le président français le 6 juillet dernier à la tête du département de l’Intérieur. Cette visite de deux jours au Maroc sera son premier voyage officiel dans le royaume.