Le Maroc, leader dans la région sur le "self-care" pour la santé sexuelle, selon l'OMS

à 9:30

Le Maroc est le premier pays de la région africaine et arabe à adopter les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur les soins auto-administrés (self-care) pour la santé sexuelle et reproductive (SSR), a affirmé, lundi à Rabat, Mme Maryam Bigdeli, représentante de l'OMS au Maroc.

Intervenant à l'occasion de la cérémonie du lancement officiel et d'adoption des recommandations de l'OMS en matière des soins auto-administrés pour la SSR, Mme Bigdeli a souligné que le Royaume est le premier pays africain et arabe à assurer l'intégration du self-care dans les politiques, programmes et pratiques de la santé à son niveau national.

"La santé sexuelle et génésique contribue évidemment à l'élimination de la mortalité et des morbidités maternelles évitables. La santé sexuelle et reproductive ne concerne pas que les femmes mais aussi les hommes et surtout les jeunes, que nous voulons toucher et inclure dans cette vision commune", a-t-elle précisé.

La responsable a mis l'accent, dans ce sens, sur l'importance de la mobilisation des efforts de tous les acteurs, publics et privés, pour assurer la mise en œuvre de ces recommandations, particulièrement les acteurs de terrain, que ce soit les prestataires de soins qui sont tenus de guider les patients sur le chemin de l'autonomie dans leurs choix de SSR, en relevant que l'adoption de ces recommandations constitue un pas important vers le respect des droits et l'autonomie des bénéficiaires du systèmes de santé.

De son côté, Dr Nadia Bezad, présidente de l'Organisation pan-africaine de lutte contre le SIDA (OPALS), a indiqué que "la nouvelle approche du self-care, développée et promue par l'OMS, et adoptée par le Maroc, doit être saluée comme une avancée de très grande portée", ajoutant qu'en adoptant ces recommandations, l'individu est mis à contribution pour se prendre en charge et prendre en charge ceux de son entourage.

"Le Maroc vit également au rythme d'une évolution en matière des droits humains. Une évolution qui ne peut que s'accorder avec cette approche qui est étayée par des principes essentiels que sont les droits humains, l'éthique et l'équité", a-t-elle fait observer.

 

Lire aussi: Le Maroc, 2e pays arabe où les femmes se suicident le plus, selon l'OMS

 

Pour sa part, la représentante de l'ONU-Femmes pour le Maghreb, Mme Leila Rhiwi, a affirmé que "le secteur de la santé est l'un des secteurs au sein duquel les discriminations fondées sur le genre convergent, et sont particulièrement manifestées".

"En effet, la démarche du self-care, et le message qui sera ainsi transmis au personnel de santé, et par eux, aux femmes elles-mêmes, est de rappeler l'importance de connaître son propre corps, d'en avoir le contrôle et la responsabilité, de le protéger et d'en prendre soin", a-t-elle relevé.

L'OMS a officiellement lancé ses directives consolidées en matière d'interventions auto-administrées en faveur de la SSR à Genève le 24 juin 2019.

Initiée par le ministère de la Santé, en partenariat avec l’Organisation pan-africaine de lutte contre le SIDA (OPALS), et avec l’appui de l’OMS, cette rencontre, organisée durant trois jours, vise à déterminer les critères facilitant l'adoption des interventions d'auto-soins au niveau national et à débattre les approches et les processus de leur intégration dans les politiques et programmes de santé.

Deux autres journées d’échange sont prévues, réparties sur 5 séances axées sur "les principes, approches et facteurs favorisants d’interventions d’auto-prise en charge en SSR", "adoption des principales recommandations sur les interventions d’auto-prise en charge", "les facteurs facilitateurs d’implantations d’interventions d’auto prise en charge en SSR", "les principales activités pour renforcer les soins auto-administrés en matière de SSR au niveau des soins de santé primaires", et sur "les principales activités pour renforcer les soins auto-administrés en matière de SSR au niveau communautaire".

Cet événement sera clôturé par la tenue d’une table ronde pour discuter des principales actions et mesures visant à adopter les interventions de soins auto-administrés en SSR.