Le Maroc interdit la fabrication et la vente de la burqa: les réactions

Mettant en avant des raisons sécuritaires, les autorités ont interdit la fabrication et la vente de la burqa, ce voile intégral rarement porté par des femmes au Maroc. Les réactions.
- Et le niqab? -
L'annonce de l'interdiction de la burqa a jusqu'à présent suscité des réactions limitées. Devant le mutisme des autorités, certains commentateurs s'interrogeaient sur la portée de cette décision, tandis que des salafistes s'inquiétaient de son extension au niqab. "Est-ce que le Maroc se dirige vers l'interdiction du niqab que les musulmanes portent depuis cinq siècles?", s'est offusqué sur son compte facebook Hassan Kettani, un cheikh salafiste. "Si c'est vrai, ce serait une catastrophe", a-t-il estimé.
 
Pour un militant de la nébuleuse salafiste, interrogé par l'AFP sous couvert d'anonymat, "des milliers de Marocaines portent le niqab. Cette décision est un premier pas vers son interdiction et elle va provoquer une scission au sein dans la société", a-t-il affirmé. Hammad Kabbadj, un prédicateur dont la candidature aux législatives d'octobre avait été invalidée, a jugé qu'il était "inacceptable de défendre aux citoyennes de porter le niqab oriental, comme d'interférer dans sa commercialisation". Il a ironisé sur Facebook sur le "Maroc des libertés et des droits de l'Homme" qui "considère le port du maillot occidental sur les plages comme un droit intouchable".
 
Pour la députée et ancienne ministre de la Femme Nouzha Skalli, l'interdiction de la vente de la burqa est au contraire "un pas important dans le combat contre l'extrémisme religieux". Contrairement à la France, la Belgique ou encore les Pays-Bas, aucune loi n'interdit le port du voile islamique intégral dans des lieux publics au Maroc. Le Conseil supérieur des Oulémas, une instance officielle chargée d'appuyer la politique religieuse musulmane du pays, ne s'est à ce jour jamais prononcé sur la question de l'interdiction du voile intégral.