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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    Le journaliste et défenseur des droits humains Omar Radi, en détention préventive depuis onze mois, a réaffirmé mardi « son innocence » face aux accusations d’espionnage et de viol le visant, lors de sa première audition devant le juge.

    Au Maroc et à l’international, des défenseurs des droits humains, des intellectuels, des hommes politiques et des journalistes réclament que Omar Radi mais également Soulaimane Raissouni, un autre journaliste poursuivi pour « agression sexuelle » et en grève de la faim depuis 83 jours, soient jugés en état de liberté provisoire.

    « Je suis convaincu de mon innocence, les faits qu’on me reprochent sont vides et ne justifient pas mon emprisonnement depuis près d’un an », a clamé le reporter, s’estimant « visé pas des parties qui se considèrent au-dessus de la loi ». Son procès a été renvoyé au 6 juillet.

    Le journaliste de 34 ans est poursuivi pour « viol » et pour « atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat », deux affaires distinctes, instruites et jugées conjointement.

    Face aux questions du juge sur des SMS échangés en 2018 avec un diplomate de l’ambassade des Pays-Bas, M. Radi a balayé les soupçons d’espionnage: « où est le crime dans le fait qu’un journaliste échange et rencontre un responsable d’un pays étranger? ».

    Dans l’affaire de viol, M. Radi a nié les faits, parlant « de relations librement consenties », la plaignante affirmant elle qu’elle n’était pas consentante.

    Au cours de l’audience, M. Radi a rappelé que l’enquête pour « espionnage » avait été ouverte fin juin 2020, « quelques jours » après la publication d’un rapport d’Amnesty International affirmant que son téléphone était espionné par les autorités marocaines, ce que Rabat a toujours démenti.

    La justice a également décidé mardi de poursuivre le procès de M. Raissouni, 49 ans et en grève de la faim depuis 83 jours, malgré son absence et sa santé qui continue d' »inquiéter », a indiqué à l’AFP sa défense.

    Le journaliste en détention préventive depuis un an s’est dit « prêt à assister à son procès » à condition « d’être transporté en ambulance et d’avoir un fauteuil roulant » au regard de sa santé. M. Raissouni n’avait déjà pas assisté aux deux dernières audiences.

    Rédacteur en chef du journal Akhbar Al Yaoum, M. Raissouni est poursuivi pour « agression sexuelle » après une plainte déposée par un militant LGBTQ pour des faits qu’il conteste.

    Après une audience consacrée aux « irrégularités » de la procédure judiciaire, son procès a été renvoyé au 1 juillet.

     

    Lire aussi. La défense du journaliste Omar Radi pointe les « irrégularités » de l’affaire

     

    MM. Radi et Raissouni clament leur innocence et leurs soutiens dénoncent des « procès politiques ». Les autorités, elles, mettent en avant l’indépendance de la justice et la conformité des procédures.

    Par ailleurs, les autorités ont expulsé mardi l’avocat belge Christophe Marchand, arrivé à Casablanca pour assister au procès de M. Radi.

    Cette expulsion est « une réaction assez brutale en rapport avec le dossier Omar Radi », a déclaré à l’AFP Me Marchand, confirmant avoir saisi le rapporteur spécial de l’ONU pour l’indépendance des juges et des avocats pour qu’il « intervienne auprès du Maroc pour le laisser travailler librement ».

    « C’est une décision souveraine qui concerne une personne connue par ses positions a priori négatives et infondées sur le Maroc et la justice marocaine nourries par ses accointance avec la milice du Polisario », a indiqué à l’AFP une source au ministère de l’Intérieur.

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