L’AMDH s’inquiète de l’état de santé de Moul l’hanout en grève de la faim illimitée

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L’Association marocaine des droits humains (AMDH) a indiqué que le youtubeur Mohamed Boudouh, connu sous le nom de «Moul l’hanout» (l’épicier), mène une grève de la faim depuis le 7 janvier dernier. Date de sa condamnation à trois ans de prison ferme pour des vidéos critiquant la corruption et les institutions.

 

L’AMDH s’alarme de l’état de santé «très inquiétant» de Mohamed Boudouh, surnommé «Moul l’hanout» qui, affirme elle, «meurt lentement dans la prison locale de Tiflet, sans pour autant inquiéter les responsables».

Dans un communiqué publié par sa section locale à Tiflet, l’association a révélé que Moul l’hanout mène une grève de la faim depuis le 07 février dernier contre le jugement injuste prononcé à son encontre, trois ans de prison assortie d’une amende de 20.000 DH.

Considérant son arrestation et sa poursuite comme arbitraires, l’Association dirigée par Aziz Ghali fustige «une confiscation du droit et de la liberté d’expression et d’opinion sur les réseaux sociaux et sur l’espace numérique».

 

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L’AMDH s’est déclarée profondément préoccupée des répercussions de la grève de la faim illimitée sur son état de santé de Boudouh soulignant que sa vie est la responsabilité de l’État marocain avant tout.

Elle a, dans ce sillage, appelé les responsables à intervenir immédiatement et efficacement pour le sauver en le libérant sans condition et en écoutant ses griefs et ses demandes.

L’association a appelé tous les cadres politiques et syndicaux à s’engager activement pour soutenir Mohamed Boudouh dans sa bataille pour la dignité et l’équité.

 

L’AMDH et HRW lancent un répertoire des prisonniers d’opinion

L’AMDH a condamné «la campagne officielle menée par l’État contre la liberté d’opinion et le droit à l’expression, contre les blogueurs et les militants des médias sociaux, appelant à la libération de tous les détenus politiques, prisonniers d’opinion et victimes de détention arbitraire».

Dans le même sillage, elle a lancé conjointement avec Human Rights Watch (HRW) un répertoire des nouveaux prisonniers d’opinion au Maroc.

Sur ce répertoire, on apprend que les autorités marocaines ont arrêté et poursuivi, depuis septembre 2019, au moins 10 activistes, artistes ou autres citoyens qui n’ont fait qu’exprimer pacifiquement des opinions critiques sur Facebook, YouTube ou via des chansons de rap.

Tout en soulignant que les concernés sont accusés de «manque de respect dû au roi», «offense aux institutions de l’État» et «outrage envers des fonctionnaires publics», les deux ONG affirment qu’ «aucun n’a été poursuivi en vertu du code de la presse et de l’édition, qui couvre les délits liés à toutes formes de discours public ; tous le sont en vertu du droit pénal qui, contrairement au code de la presse et de l’édition, prévoit des peines de prison».

«Ces personnes n’ont fait qu’exercer leur droit à la liberté d’expression, les autorités devraient les libérer immédiatement et abandonner les poursuites contre elles», soulignent les deux ONG des droits humains.