La pénurie de zinc et de vitamine C sévit toujours dans les pharmacies

4209

Huit mois après le début de la pandémie du covid-19 au Maroc, la pénurie de zinc et de vitamine C sévit toujours dans les pharmacies du royaume. 

« Il n’y a plus de zinc ni de vitamine C, c’est la pénurie totale, on en reçoit au compte-goutte », détaille Chama, une pharmacienne officiant dans le quartier de Hay Moulay Rachid, à Casablanca. Ces deux molécules prescrites dans le traitement contre le covid-19 selon le protocole établi au Maroc sont très difficilement trouvables sur le marché, et cette situation est la même depuis plusieurs mois.

Au Maroc, seulement deux laboratoires fabriquent de la vitamine C et un seul produit du zinc, nous confirme Mohamed Lahbabi, président de la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc (CSPM). Un effectif qui ne semble pas permettre à l’heure actuelle d’honorer la forte demande de ces deux molécules qui n’étaient pas si sollicitées avant la pandémie.

Depuis le début de la pandémie, « la situation n’a pas bougé d’un iota. Nous ne sommes plus pris au sérieux par rapport à ce sujet. On envoie des tonnes de courriers au ministère de la Santé mais sans aucune réponse, alors que la situation devient de plus en plus grave », désespère Lahbabi.

 

Lire aussi : Pénurie de médicaments: « On demande aux citoyens de ne pas s’automédiquer » (pharmacien)

 

« Nous demandons au ministère que le marché soit approvisionné en vitamine C et en zinc, de telle sorte qu’on puisse répondre aux besoins de la population envers qui nous sommes livrés à nous-mêmes. Le pharmacien est le dernier maillon de la chaîne, c’est lui qui se retrouve en face du citoyen qui ne comprend pas pourquoi on ne lui donne pas le médicament alors que le ministère a communiqué sur sa disponibilité », déplore le responsable syndical.

De son côté, la pharmacienne de Hay Moulay Rachid appelle les médecins généralistes à plus de coopération lorsqu’ils prescrivent les médicaments. « Il ne font pas l’effort de se renseigner pour prescrire un médicament disponible », regrette la professionnelle. Et de suggérer: « Ils pourraient prescrire la molécule et laisser le choix au pharmacien de donner le nom commercial disponible ».