Tétouan: la disparition d’un nourrisson met à jour un trafic de nouveaux-nés avec l’Espagne

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La disparition d’un nourrisson de sexe féminin dans une clinique de Tétouan a mis à jour un réseau de trafic de nourrissons opérant entre le Maroc et l’Espagne.

C’est une affaire qui secoue le milieu médical de Tétouan. Une mère qui habite la ville de Chefchaouen ne retrouve plus son enfant. Cette dernière serait tombée enceinte pendant la période des fiançailles avant que le mariage ne puisse être acté, ce qui l’a poussé à chercher à se débarrasser du bébé. C’est là qu’une «intermédiaire» a profité de l’occasion lui proposant d’abandonner son petit au profit d’un couple (une marocaine et un espagnol) établi à Sebta.

Néanmoins, quand le couple en question constate à l’échographie que l’enfant était une fille, il choisit de se désister. Quelques jours avant l’accouchement, la mère de la fille a été contactée par «l’intermédiaire» pour lui a annoncer qu’un couple voulait bien récupérer son bébé en contrepartie d’une prise en charge de toutes les dépenses relatives à l’accouchement, raconte Assabah dans son édition du mercredi 08 janvier 2020.

La femme s’est donc rendue à une clinique où l’accouchement par césarienne s’est déroulé sous la supervision de deux médecins. L’enregistrement du bébé à l’état civil s’est fait au nom des époux qui ont demandé à la mère de retourner chez ses parents jusqu’à ce qu’ils l’appellent. Mais depuis, plus de nouvelles.

 

Plusieurs acteurs complices

 

Les sources du quotidien affirment que cette affaire a révélé l’existence d’un réseau de trafic de nourrissons constitué par différents acteurs (corps médical, fonctionnaires de l’état civil…). Même les analyses médicales de la femme enceinte ont été enregistrées au nom de la tutrice.

La population de la ville du nord était sous le choc. Ce qui a poussé le milieu associatif à se manifester. L’Association Al Karama pour la défense des droits de l’Homme a demandé au procureur du roi d’ouvrir une enquête pour élucider les contours de cette affaire.

Selon Assabah, il s’agit d’un réseau qui travaille sur les deux rives de la Méditerranée. En effet, des intermédiaires qui résident à Sebta et Melilia sont en contact permanent avec des collaborateurs marocains qui cherchent les femmes voulant se débarrasser de leur bébé.