La Cour des comptes européenne affirme que son aide financière donne peu de résultats au Maroc

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Image d'illustration./DR

Selon la Cour des comptes européenne, l’aide financière accordée au Maroc «donne peu de résultats à ce jour», annoncé un communiqué de cette instance publié ce mercredi.

Un récent rapport de la Cour des comptes européenne, estime que l’aide versée «directement sur le compte du Trésor public du Maroc de 2014 à 2018, n’a apporté qu’une faible valeur ajoutée et n’a guère permis de soutenir les réformes».

En chiffres, l’appui budgétaire de l’Union européenne s’élève à 132 millions d’euros par an. Au total, la Commission a octroyé une aide s’élevant à 1,4 milliard d’euros. Fin 2018, cette dernière avait conclu des contrats pour un montant «562 millions d’euros et versé près de 206 millions d’euros au titre de son instrument d’appui budgétaire», note le communiqué.

Trop de secteur à couvrir

Ces aides devaient en principe couvrir trois secteurs, à savoir les services sociaux, l’état de droit et la croissance durable. Toutefois, les auditeurs ont estimé que ces secteurs comportaient eux même «13 sous-secteurs, dont beaucoup pouvaient eux mêmes être considérés comme des secteurs à part entière».

De plus, l’instance européenne juge que la Commission a réparti les fonds sur un trop grand nombre de secteurs, «sans objectifs clairs», ce qui a pu en affaiblir l’impact. A cela s’ajoutent des faiblesses quant à la gestion, par la Commission, des programmes d’aides, ainsi que la conception, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des résultats.

Dans ce sens, Hannu Takkula, membre de la Cour des comptes européenne et responsable du rapport estime que «pour optimiser l’impact des financements de l’UE, la Commission devrait concentrer l’aide sur un plus petit nombre de secteurs et renforcer le dialogue politique et sectoriel avec le Maroc».

Pour rappel, l’Union Européenne est le plus grand pourvoyeur d’aide au développement en faveur du Maroc, qui demeure un important partenaire politique et économique, bien que des tensions traversent leurs relations. La dernière polémique en date étant la suspension du dialogue politique formel avec l’Union Européenne, après que la Cour de justice de l’UE ait exclu le Sahara de l’accord de pêche et d’agriculteurs conclu avec le communiqué.