Jerada: Annahj et Al Adl Wal Ihssane répondent aux accusations de Laftit

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Accusés par le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit d’attiser les tensions à Jerada, le chef de file d’Annahj addimocrati, Mustapha Brahma, et le cadre de la Jamaâ, Omar Iharchane, lui répondent.
S’exprimant lors d’une réunion de la Commission de l’Intérieur à la Chambre des représentants, le ministre de l’intérieur, Abdelouafi Laftit, a accusé « des parties reconnues (tels le parti de la Voie démocratique et l’Association marocaine des droits de l’Homme), et d’autres non reconnues (telles Jamaâ Al Adl Wal Ihssane) de tenter d’élargir les zones de protestations dans différentes régions du Royaume et exploiter tout mouvement social pour aggraver la situation« .
La commission parlementaire discutait des événements que connaît la ville de Jerada. Selon lui, ces mouvements politiques cherchent par tous les moyens à marginaliser les efforts déployés dans ce cadre, en incitant constamment la population à protester, dans « une vaine tentative de faire chanter l’Etat« . Contactées par H24info, ces derniers réagissent à la déclaration du ministre de l’intérieur.
« Ce n’est pas la première fois que l’état nous accuse de vouloir s’accaparer et influencer les mouvements sociaux« , a réagit Mustapha Brahma, secrétaire général du parti d’extrême-gauche Annahj Addimocrati, pour qui ces accusation « n’apportent rien de nouveau« . Selon lui, la sortie « ratée » du ministre vise « à faire peur aux habitants de Jerada afin de les pousser à ne plus manifester« . « En tant que parti politique, on est visé car on tient à notre indépendance politique vis-à-vis de l’état. Nous pensons et agissons selon notre libre arbitre et c’est cela qui agace le makhzen« , poursuit Brahma , qui ajoute qu’Annahj « agit en toute légalité et ne fait que soutenir les revendications sociales et économiques justes portées par les habitants de la région« .
« Le ministre parle de parties qui sont dans une impasse et n’ont pas de poids réel dans la société. Dans ce cas pourquoi il nous cite et nous accuse. Ce n’est pas cohérent« , tacle-t-il. Pour finir, Brahma insiste sur le fait que ce sont les conditions sociales qui poussent les citoyens à manifester, non les organisations politiques. « Laftit n’avait qu’à consulter les indices sociaux et économiques et les rapports des instances étatiques qui soulignent la précarité dans laquelle sombre la région au lieu de balancer des accusations à gauche et à droite« , réagit-il.
Omar Iherchane, membre du cercle politique d’Al Adl Wal Ihssane, a pour sa part expliqué que les accusations du ministre ne méritent aucune réaction. « Ce n’est pas la première fois et ce ne sera pas la dernière. Avant Laftit, il y avait Hassad et avant lui Laenser et tous ont accusé un jour Al Adl Wa Al Ihssane de saper les projets de l’état et nuire à son image et semer la zizanie et allumer le feu. Entre nous, cela est devenu une habitude qui ne mérite même pas de s’y attarder« , explique-t-il.
Pour lui, cela fait partie d’une série de fautes que commet l’Etat car au lieu de s’attaquer aux questions de fonds, elle préfère manœuvrer en accusant un tel ou un autre d’être derrière ces mouvements alors que ce qui mobilise les gens, ce sont les conditions inhumaines dans lesquelles ils vivent. « L’état nous donne plus que notre poids. Si on pouvait rassembler autant de personnes, les choses auraient changé il y a longtemps« , raille le membre du cercle politique. Pour lui, ce qui rassemble les gens n’est ni la Jamaâ ni Annahj mais plutôt les revendications sociales et économiques des habitants de Jerada. « Les gens ont compris que l’état manœuvre et fuit en avant car elle ne fait que promettre sans réaliser et sans donner des garanties. C’est cela qui pousse les gens à manifester encore« , conclut-il.