Istiqlal: Kayouh vs Ould Rachid, le choc des titans

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La guerre des ténors au sein du parti de l’Istiqlal s’envenime. Alors que Ould Rachid penche pour un basculement du parti dans l’opposition, Kayouh s’y oppose fermement, car cela le priverait, lui et le parti, de la présidence de la Seconde chambre, plus que jamais à portée de main.
Le choix du positionnement du parti de l’Istiqlal entre l’opposition et le soutien critique du gouvernement met en exergue la discorde entre les leaders du parti. Si le clan d’Ould Rachid et El Baraka souhaite orienter le vote du Conseil national, qui se tiendra ce week-end, vers l’opposition, Abdessamad Kayouh, Abdouh et Sentissi veulent maintenir le parti dans sa position actuelle, à savoir le soutien critique du gouvernement.
L’enjeu réside dans le vote pour la présidence de la Deuxième chambre que brigue Kayouh. Ce dernier avait perdu face à Hakim Benchemass lors du début de cette législature en 2015 à une seule voix près. Il se sent aujourd’hui capable de le battre lors des échéances de mi-mandat, surtout après que Benchemass a perdu beaucoup de soutiens à la Seconde chambre.
Kayouh, dont le père a présenté sa démission du parlement pour des raisons de santé, a pu s’assurer du soutien de plusieurs présidents de groupes qui n’apprécient pas la gestion de Benchemass à la Seconde chambre. Ainsi, Kayouh aurait acquis le vote des conseillers des groupes parlementaires CGEM, UMT, CDT, FDT et compte sur le maintien de la position de son parti pour conserver les voix des députés des partis de la majorité qui lui permettront de présider la Chambre des conseillers.
Selon nos sources, Nizar Baraka se retrouve entre l’enclume et le marteau car il ne veut pas fâcher Ould Rachid, qui lui ne souhaite pas priver son parti d’une responsabilité  stratégique dans la hiérarchie de l’état. Les proches de Baraka le pousseraient à encourager Kayouh et à repousser le basculement du parti dans l’opposition à une date ultérieure. Selon les mêmes sources, cela permettra au secrétaire général du parti d’asseoir sa notoriété et de s’affirmer en tant que chef du parti.