Interdiction d’alcool pendant les fêtes religieuses: deux pintes, deux mesures

Au moment où des villes comme Casablanca ont interdit la vente d’alcool deux jours avant la commémoration de l’Aïd Al Mawlid, dans d’autres villes comme Rabat, les débits de boissons sont restés ouverts. Des décisions qui manquent de cohérence puisque les Walis semblent chacun jouer sa partition. Les détails.  

La grande différence a été enregistrée entre les villes de Marrakech et de Casablanca ainsi que d’autres villes dans une moindre mesure en fonction de la décision des autorités chargées de gérer la vente des boissons alcoolisées, souligne Assabah dans son édition du mardi 12 novembre.

«Qu’est-ce qui laisse l’alcool «halal» à Marrakech et interdit le jour même à Casablanca?»,  s’interroge la même source. «Et pourquoi l’interdiction a duré trois jours dans la capitale économique alors que l’interdiction n’a été que d’une seule journée dans la ville ocre?», poursuit le quotidien.

Et de se poser la question sur les motivations d’une telle décision: est-ce qu’il s’agit d’une interdiction fondée sur des considérations religieuses ou bien matérielles ?  s’agit-il d’une décision basée sur des arguments sécuritaires ? on ne saura jamais.

Alors que l’arrêt des ventes à Casablanca a duré du soir du jeudi 7 novembre à lundi à 10h du matin, à Marrakech l’interdiction n’a pris effet que le samedi 9 novembre à minuit. L’arrêt des ventes n’était effectif que le jour de la commémoration d’Al Mawlid avec reprise des activités le lundi 11 novembre.

Géographie d’une prohibition

Le quotidien arabophone indique que les décisions de plusieurs Walis des régions ont été différentes de celle du Wali de Marrakech donnant l’exemple des villes comme Tanger et Agadir où les bars et les restaurants ont fermé leurs portes jeudi soir comme à Casablanca.

Les contradictions entre les walis des régions concernant la gestion des autorisations interpellent sur les différentes interprétations de l’arrêté du directeur général du cabinet royal n° 3-177-66 du 17 juil­let 1967 réglementant le commerce des boissons alcooliques ou alcoolisées, soutient la même source.

Le quotidien va plus loin en considérant que l’interdiction «à tout exploitant d’un établissement soumis à licence de vendre ou d’offrir gratuitement des boissons alcooliques ou alcoolisées à des Marocains musulmans» (article 28 de ladite loi) est vide de sens au moment où tous les musulmans marocains peuvent se procurer de l’alcool même pendant le ramadan! N’est-il pas temps de réviser ce cadre réglementaire devenu obsolète.