Ilyas El Omari veut se libérer de la tutelle de Rabat

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Ilyas El Omari.Crédit: DR

Dans une interview accordée à Jeune Afrique, Ilyas El Omari a dressé le tableau des disparités qui empêchent le développement de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, et réclame plus d’autonomie par rapport à Rabat pour mieux gérer la région.
 «Je choisis toujours un siège à côté de la porte, cela me rappelle que le pouvoir n’est pas éternel», c’est avec ces mots que le président de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, Ilyas El Omari, a amorcé son interview accordée au magazine Jeune Afrique.
Pour commencer, Ilyas El Omari, chiffres à l’appui, dresse un portrait peu flatteur des disparités qui caractérisent les différentes villes de la région du Nord. «34 % de la population est analphabète, dont 50 % à Chaouen. La moitié de la population n’a pas accès à l’eau potable et, plus alarmant, le taux de chômage des jeunes caracole à 87 % dans certaines zones, comme à Ouezzane et à A Hoceima».
Pour expliquer ces disparités, Ilyas El Omar pointe la responsabilité du gouvernement, responsable selon lui de ne pas instaurer un plan de développement pour accompagner la création de cette région en prenant en compte les spécificités de chaque ville et les doter chacune d’une identité propre.
Pour mettre en place ces identités propres, Ilyas El Omari distribue les rôles entre les villes de sa région, faisant de Tanger une ville industrielle, Larache son arrière-pays agricole, Chefchaouen et Ouezzane des villes touristiques. Quant à Al Hoceima elle pourrait attirer les amateurs de montagne en plus de ceux qui pratiquent la pêche.
Concernant les ambitions de Tanger de devenir un pôle digital concurrent à Casablanca, Ilyas El Omar affiche un optimisme sans limites. «L’ouverture de Tanger sur le numérique va nous permettre de construire une cité des médias, un peu comme celle de Dubaï, si ce n’est mieux», déclare-t-il.
Allô Rabat ?
Tout en reconnaissant les malaises profonds qui rangent les jeunes dans la région d’Al Hoceima, l’ancien patron du PAM a déclaré que le conseil de la région n’a pas encore de prérogatives propres pour porter à bras le corps les problèmes de la ville. Selon lui, il faut attendre la directive de Rabat avant de prendre des décisions.
Même l’agence régionale créée en 2017 pour assurer l’exécution des projets en tant que maitre d’ouvrage, ne dispose d’aucun pouvoir, révèle Ilyas El Omari qui pointe la supériorité des prérogatives des présidents de communes sur la région en termes d’octroi des permis de construire, d’autorisations d’ouverture de commerce…
Pour faire bouger les lignes, Ilyas El Omar a révélé qu’il entend ouvrir un débat avec plusieurs ministères, afin, dit-il, d’avoir enfin les mains libres sur les projets qui concernent la région.