Ilyas El Omari poussé vers la sortie par le bureau politique du PAM

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La formation du « tracteur » prépare son prochain Conseil national, prévu le 22 octobre. L’ordre du jour de cette réunion ne prévoit pas de débattre de la récente démission du secrétaire général du parti, Ilyas El Omari, mais de directement la confirmer. Une manière de montrer la porte de sortie à El Omari qui n’a véritablement qu’à moitié démissionné.

Le 22 octobre prochain, le parti de l’Authenticité et de la Modernité (PAM) tient son Conseil national à Skhirat, une réunion qui promet d’être tendue. Le conseil devait discuter la démission d’Ilyas El Omari de son poste de secrétaire général du parti, avant que le secrétariat national du PAM n’en décide autrement. en effet, ce dernier ne prévoit dans l’ordre du jour aucune discussion, et les membres du Conseil national ne seront qu’informés par la démission d’El Omari.

Cela veut dire que le secrétariat national dont la plupart sont des membres du bureau politique du PAM a entériné la démission d’Ilyas El Omari avant même la tenue du Conseil national, pour « couper la route à son retour », et fixer le prochain rendez-vous pour élire son prochain successeur, mais pas seulement.

« La plupart des militants du Conseil national veulent discuter du bilan d’El Omari et celui du bureau politique dont la majorité des membres ont été choisis par Ilyas. Ces derniers sauvent leur peau avec cet ordre du jour » nous confie un proche d’El Omari au PAM.

Des membres du Conseil national exigent également des comptes à certains membres du bureau politique rémunérés par le parti pour leurs fonctions au Parlement pour des salaires de « 20 000 à 40 000 dirhams alors qu’ils sont tout le temps absents », affirme la même source.

De l’autre côté, des membres politiques affirme qu’El Omari continue à téléguider le parti malgré sa démission. « El Omari est intelligent, il démissionne dans un premier temps, fait semblant de tout lâcher, mais continue à manœuvrer dans les coulisses avant ce Conseil national, pour revenir ou placer un proche qui lui permettra de continuer tirer les ficelles, comme il faisait avant 2016 », explique un cadre du bureau politique.

Le 7 août dernier, le bureau politique du parti du tracteur annonçait la démission d’Ilyas El Omari et expliquait que la décision « unilatérale » avait été refusée dans un premier temps par les membres du bureau avant qu’ils ne l’aient accepté « devant l’insistance » du concerné. Le bureau politique avait promis toutefois de soumettre la validation ou le refus de la démission au Conseil national. Promesse finalement non respectée par le secrétariat national du parti.