HRW s’inquiète des conditions d’emprisonnement d’Abdelqader Belliraj

430

Human Rights Watch s’est inquiété vendredi des « conditions inhumaines » de détention d’un sexagénaire belgo-marocain condamné à la perpétuité en 2009 et « apparemment détenu en régime d’isolement abusif depuis plus de trois ans » dans une prison du Maroc.

Abdelqader Belliraj est « enfermé dans sa cellule 23 heures sur 24 et privé de tout contact avec ses codétenus » depuis mai 2016 à la prison Toulal 2 de Meknès (centre), selon son épouse, citée dans le communiqué de HRW.

Contactée par l’AFP, l’administration pénitentiaire marocaine (DGAPR) n’a pas donné suite. HRW assure pour sa part avoir saisi la Délégation interministérielle aux droits de l’Homme en novembre dernier sans avoir de réponse.

Condamné à perpétuité en 2009, une peine confirmée en appel en 2010, Abdelqader Belliraj a été accusé d’avoir dirigé un réseau d’islamistes radicaux et commis six meurtres en Belgique entre la fin des années 80 et le début des années 90, ce qu’il a toujours nié. Son épouse Rachida Hatti, qui vit en Belgique, est autorisée à lui parler régulièrement au téléphone.

Ce Belgo-marocain avait été arrêté le 18 février 2008 au Maroc avec d’autres suspects en possession d' »un important arsenal d’armes à feu », selon l’accusation.

Il avait été l’unique condamné à perpétuité d’un procès collectif avec 34 autres coaccusés –parmi lesquels des responsables politiques de partis notamment islamistes modérés– condamnés à des peines allant jusqu’à 30 ans de prison ferme.

Certaines peines avaient été réduites en appel et huit grâces –incluant les responsables politiques– avaient par la suite été accordées par le roi.

D’après HRW, outre Abdelqader Belliraj, sept hommes purgent encore leur peines.

Selon les défenseurs des droits humains, le procès collectif de 2009 a été entaché de graves violations des droits des accusés. La condamnation d’Abdelqader Belliraj se fondait essentiellement sur ses aveux et ceux de ses coaccusés, d’après eux obtenus sous la torture de la police, rappelle le communiqué du directeur Moyen-Orient et Afrique du Nord de HRW, Eric Goldstein.