HRW et Amnesty appellent les autorités à «renoncer à dissoudre» Racines

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Dans un long communiqué rendu public ce vendredi, Human Rights Watch et Amnesty international appellent les autorités marocains à «renoncer à dissoudre» l’association Racines, qui avait hébergé l’émission critique envers le pouvoir «1 Dîner 2 Cons».

«En cherchant à dissoudre l’organisation qui l’a hébergé, les autorités envoient un message glaçant aux journalistes et commentateurs critiques, qui se font de plus en plus rares au Maroc ; et ce message est: ‘Taisez-vous !’» . C’est ainsi que qualifie la directrice Moyen-Orient et Afrique du Nord de Human Rights Watch, Sarah Leah Whitson, la décision des autorités marocaine de dissoudre l’association culturelle Racines, qui avait hébergé un épisode de la web-émission « 1 Dîner 2 Cons» critique envers le pouvoir et le roi.

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«Racines n’a ni organisé «1 Dîner 2 Cons», ni publié l’émission sur son site Internet ou sa chaîne YouTube. Ce sont les créateurs de l’émission qui ont posté, sur leur propre chaîne YouTube, l’enregistrement de l’épisode litigieux», argumente la responsable associative, dont un de ses collègues, Ahmed Reda Benchemsi (directeur de la communication et du plaidoyer de Human Rights Watch pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord), faisait parti des invités de cet épisode.

«La décision de dissoudre Racines est un mauvais coup, manifestement destiné à intimider les critiques et les réduire au silence. Personne ne devrait être puni pour avoir exprimé ses opinions pacifiquement ou critiqué les institutions. Si les autorités marocaines prennent au sérieux leurs engagements constitutionnels et internationaux à garantir la liberté d’expression et d’association, elles devraient renoncer immédiatement à fermer Racines», a déclaré de son côté Heba Morayef, directrice Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

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Pour rappel, le gouverneur de Casablanca-Anfa a écrit au procureur général de Casablanca, le 9 octobre dernier, pour réclamer la dissolution de Racines, au motif que l’association avait «organisé une activité incluant des interviews parsemées d’outrages évidents aux institutions (… et dans lesquelles) ont été exprimées des opinions politiques très éloignées des objectifs pour lesquels l’association a été créée».