Affaire Hajar Raïssouni: Abdellatif Ouahbi fustige le mutisme de Bassima Hakkaoui

Le député du PAM, Abdelalatif Ouahbi, conteste «la légalité de l’arrestation de Hajar Raissouni» et appelle à «sa libération immédiate». Il prône également «l’abandon des poursuites ainsi que le classement sans suite de ce dossier qui nuit à l’image du Maroc».

Après avoir défrayé la chronique durant ce mois de septembre, l’affaire Hajar Raissouni a fini par atterrir au Parlement. Le député du Parti authenticité et modernité (PAM), Abdellatif Ouahbi, a adressé une lettre au ministre d’Etat chargé des Droits de l’Homme, Mustapha Ramid, l’interpellant sur «les démarches qu’il va entreprendre en tant que ministre des Droits de l’homme pour faire face aux dysfonctionnements, aux manquements et au non-respect des procédures qui portent atteinte aux droits et aux libertés individuelles de Hajar Raissouni dans le cadre de sa poursuite».

Contacté par H24info, le dirigeant du deuxième parti au parlement a considéré que l’arrestation de la journaliste d’Akhbar Al Yaoum est «illégale» du fait qu’«elle a porté atteinte à son intégrité physique et psychologique ainsi qu’à sa vie intime». «J’ai demandé sa libération immédiate ou au moins lui offrir la liberté provisoire», nous a-t-il confié.

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Refusant de commenter le traitement judiciaire de cette affaire du fait que le procès est en cours, Ouahbi a tenu à expliquer qu’il «fustige la position du gouvernement et en particulier celle des ministres concernés par cette affaire». «Outre Ramid, le ministre de la Santé (Anas Doukali) n’a pas bougé le doigt pour protéger le médecin poursuivi dans le cadre de la même affaire», a-t-il déclaré.

«Plusieurs médias ont repris l’arrestation et la poursuite d’un médecin de Rabat accusé d’avoir effectué l’avortement pour Hajar Raissouni. Ce qui porte préjudice au médecin, sa réputation ainsi que la réputation de son cabinet, d’autant plus que ce dernier est considéré comme un lieu public où s’y rendent les citoyens en ayant la confiance dans le respect de du principe de protection de leur vue privée », a soutenu le député.

La ministre de la Solidarité et de la Femme (Bassima Hakkaoui) n’a pas été en reste des critiques de l’ex-président du groupe parlementaire du PAM. «Censée être à l’avant-garde des défenseurs des droits de la femme, elle n’a rien fait pour défendre les droits les plus élémentaires de Hajar Raïssouni», a-t-il martelé.

 

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«Au moment où les médias insinuent que cette poursuite vise un parti politique (PJD), je n’arrive pas à concevoir comment les membres de ce gouvernement n’ont pas encore réagi. Le fait qu’ils restent aux abonnés absents est absurde. Cette poursuite nuit à l’image du Maroc», s’est-il insurgé.

A rappeler que la journaliste a été interpellée par des membres de la police en compagnie de son fiancé devant l’immeuble abritant le cabinet de son médecin le 31 août. Elle est poursuivie avec son fiancé, son médecin, un infirmier et une secrétaire pour des chefs d’accusation tels que «l’avortement illégal» ou encore «débauche» (relations sexuelles extraconjugales).