Guerre des sables: quand le Maroc capturait le jeune officier Hosni Moubarak

Alors officier de l’aviation égyptienne sous la présidence de Gamal Abdel Nasser, Hosni Moubarak avait participé aux côtés de l’armée algérienne à la guerre des Sables, en 1963. Capturé par l’armée marocaine sous la direction des généraux Driss Ben Omar et Ben Hammou Kettani, Moubarak a été livré à Nasser en 1964 lors du sommet arabe tenu au Caire.

Il s’agit probablement du conflit qui a conditionné toutes les relations algéro-marocaines après la décolonisation. La Guerre des sables, confrontation armée entre l’Algérie et le Maroc, qui a eu lieu entre en octobre 1963, avait enflammé l’Afrique du Nord, qui pansaient encore ses blessures coloniales.

En effet, au lendemain des indépendances, la question frontalière entre le Maroc et l’Algérie étaient exacerbées. Après la signature de l’accord entre Mohammed V et Ferhat Abbas, président du Gouvernement provisoire de la République d’Algérie, concernant le statut des territoire du sud-ouest algérien, sous souveraineté marocaine avant la colonisation, le premier président de l’Algérie indépendante, Ahmed Benbella, fait un blocage et rejette toute concession.

 

 Le Maroc n’a aucun soutien direct étranger

 

Les opérations militaires démarrent en octobre 1963, et les alliances s’opèrent des deux côtés. Bien que bénéficiant d’un armement principalement d’origine occidental (aviation américaine et chars français), le Maroc n’a aucun soutien direct étranger. De son côté, l’Algérie, proche du bloc de l’Est, bénéficie de l’appui de Cuba de Castro et de l’Egypte de Nasser. Ce dernier envoie troupes, officiers et officiers supérieurs sur le front de Figuig.

 

«Après l’atterrissage d’urgence d’un hélicoptère algérien en panne derrière les frontières marocaines le 20 octobre, cinq officiers égyptiens l’occupant sont capturés», témoigne à Al Jazeera (vidéo ci-dessous), Salah Hachad, pilote de chasse marocain, donnant les détails de cette opération. Pour l’anecdote, ce même pilote sera par la suite impliqué dans la tentative de coup d’Etat contre Hassan II en 1972.

«Oufkir, qui était à l’époque à Marrakech, avait ordonné à un aviateur marocain de lui ramener les officiers sur place, sous peine de le décapiter», affirme l’ancien prisonnier de Tazmamart. Et parmi ces officiers se trouvaient…le jeune Hosni Moubarak.

Un document vidéo de l’Institut national de l’Audiovisuel (INA), relate cet épisode et les conséquences de l’intervention égyptienne sur les relations tendues avec le royaume. Si le Maroc affirme qu’il s’agit là d’une intervention directe de l’Egypte dans le conflit, cette dernière, ainsi que le commandement algérien ont répondu que Le Caire n’y apportait qu’un «simple soutien technique».

L’intervention des pays africains a fini par apaiser le conflit, mais pas les relations entre le Maroc et l’Egypte. D’âpres négociations ont eu lieu afin de livrer les officiers égyptiens à Nasser, et Rabat continuera à rejeter toute intermédiation de la Ligue arabe dans le conflit frontalier, du fait de la prédominance de l’Egypte dans l’institution…