Grève des routiers: le nouveau bras de fer

Alors que le ministre du Transport, Abdelkader Amara aurait promis un dépassement de 30% de la charge utile, les transporteurs ont décidé de le prendre au mot et entamer un mouvement de grève. 

Ce qui était un effet d’annonce est devenu un piège pour Abdelkader Amara. La fin de l’année écoulée a été marquée par une longue grève dans le secteur, les professionnels dénonçaient la hausse des prix des carburants (gazole 9,46 DH), et demandaient le relèvement du seuil de tonnage. Par ailleurs, d’autres doléances ont été revendiquées dont la carte professionnelle, la procédure de renouvellement du parc, le régime fiscal du secteur du transport ainsi que le contrat- programme. Cette grève a impacté plusieurs autres secteurs et a eu pour conséquence une hausse des prix de certains produits de grande consommation (légumes et fruits).

Lire aussi:Grève des transporteurs: le blocage des ports continue

Pour mettre fin à cette grève, le ministre s’était engagé à faire preuve de souplesse et autoriser jusqu’à 30% de surcharge. Une décision qui a été inscrite dans le PV de sa réunion avec les acteurs du secteur.

Les routiers en rangs dispersés

La grève qui s’est déclenchée depuis le 28 février à Casablanca, devant le marché du gros et certains quartiers commerciaux, devrait s’étendre à  d’autres régions du royaume et risque de porter un coup dur au pouvoir d’achat des ménages déjà accablé par le niveau de vie assez élevé.

De son côté, Abdelkader Amara, ministre de l’Équipement, du Transport, de la Logistique et de l’Eau, s’étonne, dans un communiqué publié le 4 mars de cet appel à la grève. Le ministre exprime même « sa satisfaction quant aux résultats du dialogue tenu avec les représentants des professionnels de la catégorie de poids lourd, ainsi qu’au climat positif qui a marqué les discussions et le sens de responsabilité ayant caractérisé les réunions, s’engageant à procéder immédiatement à l’application des résultats de ce dialogue ».

Le communiqué que le ministère a signé, en la personne de son secrétaire général, avec les représentants des professionnels du transport routier de la catégorie de poids lourd (plus de 19 tonnes), exclu les propriétaires des petits camions entre 3,5 et 19 tonnes, et qui sont au nombre de 40.000 selon les estimations des professionnels, le même jour, le SG du ministère s’était également réuni avec les représentants de cette catégorie (moins de 19 tonnes) qui eux ont fini par se retirer, une manœuvre qui signe le début d’un long bras de fer.