Généralisation de la protection sociale: ce que prévoit la CNSS

Lors d’une rencontre organisée jeudi dernier par le bureau politique du PPS, Reda Benamar, directeur de pôle à la CNSS, a révélé certaines mesures envisagées pour mettre en œuvre le texte de loi sur la protection sociale généralisée tout juste adopté.

La Chambre des représentants a approuvé, lundi 15 mars dernier, à l’unanimité, le projet de loi-cadre n°09.21 relatif à la protection sociale. Ce chantier de grande envergure comporte 4 axes:

– La généralisation de l’assurance maladie obligatoire à fin 2022 au profit de 22 millions de personnes supplémentaires;

– La généralisation des allocations familiales durant les années 2023/2024 au profit des familles qui n’en profitent pas selon les textes en vigueur;

– L’élargissement de la base des adhérents aux régimes de retraite pour inclure 5 millions de personnes qui exercent un emploi à l’horizon 2025;

– La généralisation de l’indemnité pour perte d’emploi durant 2025 pour couvrir toute personne exerçant un emploi stable.

 

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Pour discuter des moyens que prévoit de déployer la CNSS à l’occasion de l’adoption de ce texte de loi, le bureau politique du PPS (Parti du Progrès et du Socialisme) s’est réuni jeudi dernier, écrit ce jour Le Matin. Lors de cette conférence intitulée « La protection sociale: gouvernance et financement », Reda Benamar, directeur des études, communication et développement de la CNSS (Caisse Nationale de Sécurité Sociale), a annoncé quelques mesures prochaines pour réaliser la vision royale de généralisation de la protection sociale.

« Une véritable révolution »

Le directeur de pôle a déclaré que la Caisse se préparait à « une véritable révolution » avec l’intégration de 25 millions d’individus dans le système, notamment des professions telles que les guides touristiques, les kinésithérapeutes et les huissiers de justice (en cours de négociation).

« Nous avons déjà pu intégrer 7.000 professionnels non salariés et nous comptons faire bénéficier les 10 millions restant au cours des 10 prochains mois, ce qui implique la mise en place d’un organisme gestionnaire unique », explique le responsable.

La CNSS s’apprête à relever cet ambitieux défi à travers un plan d’action qu’a détaillé Benamar lors de cette réunion:

– La mise en place d’un système d’information digitalisé d’ici à fin juin prochain pour soulager la pression sur les agences (déjà 25.000 dossiers maladie à traiter chaque jour avec 8 millions de salariés) qui risque de s’accroître avec l’intégration des nouveaux bénéficiaires. Tout le parcours sera dématérialisé du dépôt de dossier médical jusqu’au remboursement des frais (délai de 7/8 jours maintenu);

– La création de 45 nouvelles agences et unités mobiles au niveau des petites villes;

– Le recrutement de 900 salariés supplémentaires sur une période de 3 ans ainsi que d’agents temporaires.

Présent à cette rencontre, l’ancien ministre de l’Emploi et membre du bureau politique du PPS, Abdelouahed Souhail, a salué ces mesures et ce projet de protection sociale généralisée qui participe à la lutte contre les discriminations sociales et concrétise une certaine justice sociale. Il a d’ailleurs considéré que la somme allouée à ce chantier, 51 MMDH, représentait « un montant conséquent », « mais il faudra améliorer la collaboration entre les secteurs public et privé ».