Gardiens de voitures: la mise au point de la commune de Casablanca

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Le problème sévit depuis plusieurs années déjà. Les citoyens des grandes villes expriment une énième fois leur lassitude face à la « mafia » et au « harcèlement » des gardiens de voitures majoritairement illégaux. 

Particulièrement à Casablanca et Rabat, les plaintes ne cessent de fuser concernant ces personnes qui s’improvisent gardiens de voitures et « rackettent » les automobilistes un montant bien souvent excessif. Planqués un peu partout dans les rues comme dans les grands boulevard, ils surgissent même en présence d’un horodateur, contraignant leurs « victimes » à payer un double prix.

Ces dernières semaines, la tension est montée du côté des citoyens qui en ont assez de subir leurs menaces et leurs insultes au quotidien pour une requête légalement infondée. Une campagne de boycott de ces gilets jaunes anarchiques a vu le jour sur Facebook derrière le slogan « Boycott moul gilet ضد مول جيلي أصفر » et regroupant plus de 113.000 personnes.

« Nous ne considérons pas ces personnes comme exerçant un métier ou un service, et nous ne les associons pas à l’activité de gardiennage, cela s’apparente plutôt à de la location de nos rues et ruelles, et à de la mendicité sous couvert d’un métier, et il n’y a pas lieu d’accepter cela en aucune circonstance et quel que soit le coût », martèle le groupe dans son à propos.

Que font les autorités? C’est la question que tout le monde se pose derrière ces doléances dont l’impatience croît de manière exponentielle. Normalement, ce sont les communes qui octroient les autorisations aux gardiens de voiture. Mais les veilleurs « officiels » sont très rares. En réaction à cette grogne populaire, le Conseil de la ville de Casablanca a appelé les citoyens à déposer leurs plaintes sur deux sites dédiés: casablancacity.ma ou chikaya.ma.

«Nous ne pouvons stopper ce genre de comportement qu’à l’aide de l’ensemble des parties concernées. Les citoyens doivent déposer plainte dans l’immédiat via ces plateformes. Les associations de gardiens de voitures doivent également nous aider dans ce sens, de l’intérieur, avec les membres et qu’elles dénoncent les personnes qui leur nuisent et nuisent à leur profession. Elles doivent les appeler au respect de la loi, de l’éthique et des mesures consignées dans les licences qu’ils reçoivent », a déclaré Mohamed Bourrahim, vice-président du Conseil de la ville chargé de la mobilité et du transport, dans une vidéo dont les propos ont été relayés par le média Hespress.

 

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Le représentant a affirmé que les autorités effectuent des contrôles de terrain et sanctionnent les gardiens qui ne respectent pas la loi. Il a rappelé en ce sens les modalités d’octroi et de renouvellement des autorisations délivrées par les communes de la région aux candidats-gardiens.

Après une enquête administrative concluante, la commune réalise un PV sur le stationnement de la zone demandée (autorisé ou non, blocage potentiel de la voie, zone déjà régie par un horodateur…). La licence obtenue est nominative, ne peut être ni vendue ni donnée, sauf en cas de problème de santé empêchant son bénéficiaire de travailler. Ce dernier doit payer une somme d’argent annuelle à la commune et s’engage à solliciter aux automobilistes le tarif réglementé par arrêté municipal, soit 2DH pour les bicycles motorisés ou non, 3 DH pour les voitures et 5 DH pour les camions. Un tarif fixe qui ne varie pas en fonction de la durée de stationnement, précise Bourrahim.

Ainsi, tout prétendu gardien ne détenant pas d’autorisation officielle communale n’a pas le droit de contraindre les citoyens de lui payer un quelconque montant. Une réglementation dont semblent faire fi les principaux intéressés, au vu des lamentations diffusées en continu sur les réseaux sociaux, notamment sur le groupe Facebook « Save Casablanca ».

Une célèbre maison de pâtisserie a même récemment publié un communiqué commentant « des événements malheureux impliquant des gardiens » aux abords de leurs magasins. Avouant son incompétence et appelant les autorités à prendre leur responsabilité, la marque a néanmoins reçu sous sa publication une pluie de commentaires désabusés de clients. « Nous essayons de nous battre contre ce qu’il convient d’appeler un fléau, depuis de longues années. Avec le succès que l’on constate aujourd’hui », a-t-elle regretté.

Il n’y a plus qu’à espérer que les plaintes enregistrés sur les plateformes communales serviront à quelque chose, et que les autorités mettront en place des sanctions efficaces et durables.