Mineurs étrangers: après Paris, la police marocaine appelée à la rescousse à Rennes?

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Le député (LREM) d’Ille-et-Vilaine et président du groupe d’amitié Maroc-France, Mustapha Laabid et Najoua El Berrak, Consule générale du Maroc à Rennes.

Un député français veut déposer un projet de loi visant à faire appel à la police marocaine pour identifier les migrants mineurs non-accompagnés dans la ville de Rennes. Une expérimentation qui s’inspire de ce qui se fait dans le quartier de la Goutte d’Or à Paris.
Le député de La République en Marche (LREM) d’Ille-et-Vilaine et président du groupe d’amitié Maroc-France, Mustapha Laabid envisage de présenter un texte de loi visant à une collaboration entre la police marocaine et celle de Rennes pour lutter contre la délinquance de certains mineurs. La police marocaine n’interviendra pas, mais aidera et appuiera la police française pour identifier les jeunes délinquants.
«Car la plus grande difficulté est de savoir d’où ils viennent. Maroc, Algérie… Pour beaucoup, on ne sait pas», a déclaré le député au site régional le télégramme. «Grâce à cette identification par les services de sécurité marocains, les mineurs non accompagnés pourront être plus facilement jugés, puis expulsés ensuite vers leur pays d’origine», ajoute le député.  Ce dernier rencontrera, jeudi, le ministère de l’Intérieur pour le convaincre du bien-fondé de sa proposition de loi, alors que «le Maroc est opérationnel. Ils m’ont donné leur accord», assure l’élu de LREM.
Pour sa part, Najoua El Berrak, nouveau Consule général du Maroc à Rennes, se dit prête à collaborer avec les autorités locales pour lutter contre la délinquance de certains mineurs. En réponse à une question du Télégramme, El Berrak a déclaré: «Je respecte la proposition du député Mustapha Laabid. Une fois que j’aurai réuni toutes les informations concernant la situation à Rennes, je les transmettrai à ma hiérarchie qui verra avec la France s’il est pertinent de faire la même chose ici. S’il y a accord, le consulat aménagera l’espace nécessaire pour ces identifications», affirme la diplomate.
Concernant l’équipe de police marocaine en fonction dans le quartier de la Goutte d’Or à Paris, Najoua El Berrak a expliqué que «les policiers n’ont pas le pouvoir d’arrêter ces jeunes sur un sol étranger… Quand il y a des auditions faites par les policiers français, ils sollicitent l’équipe qui se trouve au consulat. Elle reçoit ensuite ces jeunes pour vérifier s’ils sont Marocains, avoir leur nom, prendre contact avec la famille…», ajoute-t-elle.