Fouad Laroui accusé d’agression sexuelle par une de ses étudiantes aux Pays-Bas

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Professeur de littérature à l’université d’Amsterdam, le Marocain Fouad Laroui est au cœur d’un scandale sexuel. L’écrivain multiprimé est accusé d’agression sexuelle par une de ses anciennes étudiantes, qui a ouvert la voie à d’autres prétendues victimes.

L’affaire fait scandale aux Pays-Bas et se déroule dans l’une des universités les plus prestigieuses du pays, l’Université d’Amsterdam (UVA). Le Marocain Fouad Laroui y enseigne la littérature française depuis plusieurs années, et ses mésaventures ont commencé il y a quelques années déjà.

En effet, les faits qui sont reprochés au membre de la Commission spéciale sur le modèle de développement datent de 2017, date à laquelle une de ses anciennes étudiantes a déposé une plainte contre son professeur.

L’étudiante relate les faits dans une plainte adressée à l’université et récemment divulguée  par le quotidien néerlandais NRC. L’étudiante de nationalité française avait été conviée par son professeur à son domicile pour discuter de sa thèse, mais les choses dérapent très vite raconte-t-elle.

Le professeur la reçoit en pyjama et à l’air d’être dans un état lamentable, poursuit-elle. L’accusé lui aurait alors «pris la main et commença à la caresser». «Il lui montre ses genoux pour lui dire de s’asseoir là. Elle pense que c’est étrange, ne se sent pas en sécurité, mais ne veut pas lui faire de mal. Il a déjà tellement de mal, pense-t-elle», écrit le quotidien néerlandais la citant.

 

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«Elle s’assied sur ses genoux. Il pose sa tête sur son cou et fait des gémissements. Peut-elle s’asseoir à nouveau sur sa propre chaise, demande-t-elle. Non, dit-il (…)quand elle se tient à côté de lui, il lui tapote les fesses, l’attrape par la taille et pose sa tête contre elle», poursuit la même source citant toujours les dires de la présumée victime.

Dans la plainte officielle datée du 29 août 2017, il est demandé que le professeur soit suspendu ou qu’il soit mis à l’écart afin que ses contacts avec les étudiants soient interrompus. Bien que le doyen Fred Weerman juge que son «comportement est inapproprié», il se contentera alors d’affirmer que «le professeur est surveillé».

«Déprimé, apathique et suicidaire»

La plainte de l’étudiante a été validée début 2018, mais les faits tels que «les caresses n’ont pas pu être prouvés», estimait l’université. L’étudiante change alors d’université, mais aucune sanction n’est prise à l’encontre du professeur.

Le 2 octobre 2018 plus précisément, Fouad Laroui reçoit la plainte. Sa réponse est la suivante ; «Cela n’a vraiment pas de sens (…)Je me suis toujours senti comme un père pour mes étudiants, probablement à cause des enfants que je n’ai malheureusement pas moi-même. Cela a parfois conduit à une accolade paternelle, mais je n’ai jamais fait aucune avance à mes étudiants», affirme le professeur, notant qu’à l’époque il était «déprimé, apathique et suicidaire».

Fouad Laroui fournit également des éléments de preuve sur son état de santé mentale, affirmant que les «gémissements sont dus à une forme particulière du syndrome de Gilles de la Tourette»,  en raison de sa consommation de certains médicaments.

Le comportement déplacé du professeur a été pointé du doigt par une dizaine d’autres de ses anciennes étudiantes, qui témoignent auprès du quotidien néerlandais.

Le denier cours donné par le professeur remonte au mois de novembre 2020, affirme la même source. Contacté par Le desk, Fouad Laroui affirme toutefois qu’il n’a pas été suspendu, mais «l’université a décidé de rouvrir l’affaire (…) et en attendant, on me demande de travailler de (chez) moi, ce qui ne change rien parce que (je) n’ai plus de cours jusqu’à début février», explique-t-il.

Pour sa part, l’université a qualifié de «douloureux le fait que tant de signaux aient été manqués et a annoncé des mesures pour empêcher ce type de comportement à l’avenir».