Formation professionnelle: chaque région sera dotée d’une cité des métiers et des compétences

Toutes les régions du Royaume seront dotées de « Cités des Métiers et des Compétences », des structures multisectorielles et multifonctionnelles appelées à devenir un levier stratégique de la compétitivité et un facteur majeur de l’insertion des jeunes dans la vie active, a déclaré le ministre de l’Éducation nationale.

Ces nouvelles Cités vont privilégier des formations qui répondent aux spécificités et aux potentialités de chaque région, à la fois dans les métiers liés aux domaines d’activités porteurs de l’écosystème dans lequel elles s’implanteront, mais aussi dans les métiers du futur tels que le Digital-Offshoring, a expliqué Said Amzazi.

Le ministre a ajouté que ces futurs espaces devront comporter des structures spécifiques à l’instar des chaines de production pédagogiques, des centres de simulation et les halls technologiques, de façon à recréer l’environnement professionnel nécessaire à l’acquisition des compétences s’inscrivant dans la pratique réelle d’un métier.

Les « Cités des Métiers et des Compétences » fonctionneront sur la base du principe de la mutualisation dans un esprit d’optimisation de l’utilisation des ressources disponibles, notamment pour les plateformes numériques, les Centres de Langues, les Career Centers, les bibliothèques et médiathèques, les internats et les terrains de sport, a-t-il dit.

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Il a, à cet égard, fait savoir que les formations liées au Digital-Offshoring seront déployées dans les 12 régions du Royaume, alors que celles se rapportant à l’Intelligence artificielle seront proposées au sein des régions de Rabat-Salé-Kénitra et de Casablanca-Settat. Pour l’agriculture-agroindustrie et l’industrie, secteurs majeurs et à très large spectre, leurs filières de formation seront proposées dans la majorité des régions, avec, en outre, des filières relatives à l’Industrie navale à Agadir et Casablanca. Huit régions devront, de leur côté, accueillir des formations en Hôtellerie-Tourisme, l’autre secteur clé de l’économie nationale, a ajouté Amzazi.

En matière de Santé, seules les huit régions disposant d’un Centre Hospitalier Universitaire (CHU) fonctionnel ou en cours de construction accueilleront des filières de santé, afin de pourvoir ces centres hospitaliers en profils adéquats. Le ministre a également souligné que les formations d’artisanat seront déployées essentiellement dans les régions de Fès-Meknès, Marrakech-Safi et Drâa-Tafilalet, au sein desquelles cette activité est prépondérante, conformément aux Instructions royales.

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Sur le registre des méthodes pédagogiques, a-t-il poursuivi, l’approche préconisée privilégie la maîtrise des langues, l’approche par compétences, avec une priorité à la formation en milieu professionnel par le biais de l’alternance et l’apprentissage. Amzazi a fait observer que les « Cités des Métiers et des Compétences » seront implantées au sein d’écosystèmes au niveau régional, dans la logique d’une véritable proximité avec le monde professionnel.

Dotées du statut de sociétés anonymes filiales de l’Office de la Formation professionnelle et de la Promotion du Travail (OFPPT) ainsi que d’un conseil d’administration tripartite (professionnels, région, État), les « Cités des Métiers et des Compétences » devront ouvrir leurs portes dès la rentrée 2021, a fait savoir le ministre.

« L’échéancier de la Feuille de route relative à la Formation professionnelle prévoit le lancement des études relatives à la consistance physique des Cités et à leur ingénierie pédagogique est prévu dès ce mois d’avril 2019, ainsi qu’un démarrage des constructions en janvier 2020, afin que l’ouverture progressive de ces nouvelles structures puisse débuter à la rentrée 2021 et se poursuivre à la rentrée suivante », a précisé le ministre.
Dotées d’un Conseil d’administration tripartite, impliquant les Professionnels, la Région et l’Etat, ces Cités nécessiteront un investissement à hauteur de 3,6 milliards de dh provenant de la contribution de l’Etat, de l’OFFPT et des régions, a-t-il dit.

Ainsi, a fait observer Amzazi, la stratégie de développement du secteur de la formation professionnelle, permettra au Maroc de rentabiliser l’existant, tout en instaurant les réformes nécessaires pour faire de ce secteur un véritable levier de la croissance économique nationale, mais aussi un facteur conséquent d’enrichissement du capital humain.