Vidéo. Le fondateur du FIS algérien, Abbassi Madani, est décédé

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Abbassi Madani. Crédit: AFP.

Fils d’un imam, le fondateur du parti islamiste algérien Front islamique du salut (FIS), Abbassi Madani est mort à Doha à l’âge de 88 ans. Portrait d’un homme qui a façonné l’image de l’Algérie lors des années 90. 

Né en Février 1931, Abbassi Madani est un homme politique qui a marqué de son empreinte l’histoire contemporaine algérienne. Fils d’un imam, il voit le jour à Biskra avant d’y commencer des études dans une école coranique. Alors que l’Algérie est toujours française en 1950, il adhère au Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques de Messali Hadj, ayant joué un rôle pionnier dans le processus menant à l’indépendance algérienne.

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Après l’indépendance du pays en 1963, il participe à la création de l’association Al-Qiyam Islamya (les valeurs islamiques) qui faisait de l’instauration de la loi coranique son cheval de bataille. Une association qui sera interdite en 1970 par le président Boumédiène. Entre 1975 à 1978, il se rend à Londres pour préparer sa thèse de doctorat avant de revire en Algérie pour enseigne la psychopédagogie à l’Université d’Alger.

Le 18 février 1989, Abbasi Madani annonce officiellement à la mosquée mythique Al-Sunna de Bab El-Oued avec son ami Ali Belhadj, la création d’un parti politique dénommé Front islamique du salut (FIS). Le parti est toléré et remporte largement le scrutin lors des élections municipales de 1990 et termine majoritaire dans les grandes villes, notamment à Alger. Le parti ne s’en contente pas et entame un bras de fer avec l’Etat et l’armée. Un combat de coq qui aboutira à l’annulation par l’armée du processus électoral en 1991 alors que le FIS est premier avec plus de 46% des voix au premier tour.

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N’acceptant pas la décision de l’armée, il lance en juin 1991 un appel à la désobéissance civile, deux jours avant son incarcération à la prison militaire de Blida, avant d’être condamné à 12 ans de prison en 1992 pour « complot contre l’autorité de l’État, sabotage économique et distribution de tracts de nature à nuire à l’intérêt national ». Le 15 juillet 1997, Abbassi Madani est mis en résidence surveillée suite à une série de négociations avec l’Etat.

Lorsque les services de sécurité algériens découvrent qu’il soutient encore la lutte armée du Groupe islamique armée (GIA) et de l’Armée islamique du salut (AIS) (bras armé du FIS), il est à nouveau emprisonné en août 1997. Il sera libéré le 2 juillet 2003, sous la présidence d’Abdelaziz Bouteflika et lance quelques jours après un appel à la fin de la lutte armée. Quelques jours après sa libération, il quitte son pays en direction de l’Arabie saoudite, puis en Malaisie avant d’élire domicile au Qatar, où il mourra ce 24 avril.