Fès: Nasser Zefzafi et six de ses codétenus suspendent leur grève de la faim

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Le chef du « Hirak » Nasser Zefzafi, et six de ses codétenus ont suspendu leur grève de la faim entamée en prison il y a environ trois semaines, a annoncé mardi le père du leader de ce mouvement de contestation sociale.

L’ancien chômeur devenu la principale figure du mouvement et le numéro deux, Najib Ahemjik, incarcérés à la prison de Ras El Ma à Fès où ils purgent une peine de 20 ans ferme, avaient été les premiers à cesser de s’alimenter pour obtenir leur libération.

Ils avaient été suivis par cinq autres détenus, condamnés comme eux pour leur participation aux protestations qui ont agité le nord du Maroc en 2016-2017.

Nasser Zefzafi a cessé sa grève de la faim quand il a perdu conscience après 25 jours sans s’alimenter, a affirmé son père Ahmed Zefzafi sur son compte Facebook, où il publie régulièrement des informations de suivi.

Cet homme de 40 ans a été condamné notamment pour « complot visant à porter atteinte à la sécurité de l’Etat ». Ses compagnons, répartis dans d’autres prisons purgent depuis 2018 des peines allant de 15 à 20 ans d’emprisonnement dans trois établissements pénitentiaires.

 

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Les protestations dans la région septentrionale et historiquement frondeuse du Rif ont été déclenchées par la mort, en octobre 2016, d’un vendeur de poissons, broyé dans une benne à ordures en tentant de s’opposer à la saisie de sa marchandise.

Elles ont duré plusieurs mois avant de s’estomper après des vagues d’arrestations. Des centaines de militants du mouvement ont été incarcérés, selon des estimations d’associations. La plupart ont toutefois purgé leur peine ou ont été graciés.

La dernière grâce a été accordée par le roi Mohammed VI à 24 prisonniers fin juillet, alors qu’une vingtaine d’autres sont toujours en détention.