Fermeture des mosquées: le salafiste Abou Naïm accuse l’Etat d’«apostasie»

Alors que l’Etat marocain fait son possible pour endiguer une éventuelle propagation du coronavirus en prenant des mesures drastiques en matière de rassemblements publics, le cheikh salafiste Abou Naïm a fait une sortie pour le moins délirante, critiquant vertement la décision des autorités de fermer les mosquées jusqu’à nouvel ordre. 

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, le cheikh Abou Naïm a évoqué la fatwa prise par le Conseil supérieur des Oulémas, recommandant la fermeture des mosquées jusqu’à nouvel ordre, pour les prières quotidiennes et celle du vendredi. Pour lui, cette mesure n’est pas « légale du point de vue de la charia », car les « conditions nécessaires à une telle mesures ne sont pas remplies ».

« Au lieu de demander la fermeture des endroits où règne la décadence et la luxure, où se propagent les pires des maladies et des infamies, le Conseil supérieur des Oulémas a préféré fermer les mosquées ». Le télé-prédicateur, d’obédience wahhabite, estime en outre que le « coronavirus au Maroc n’est pour l’instant pas à un stade où l’on se doit de prendre des mesures drastiques, les risques pour l’instant sont simplement estimées et non avérés ».

Pour conclure, il affirme que tout pays qui « interdit les prières quotidiennes dans les mosquées est un pays apostat, et devenu un pays de guerre et non de paix, selon la jurisprudence islamique », et ajoute que de telles mesures pourraient « avoir des répercussions plus graves, au vu de la colère divine qu’elles provoquent ».

Pour rappel, le Maroc n’a pas seulement décidé de fermer temporairement les mosquées, mais également la majorité des lieux publics à partir du lundi 16 mars.