Etude. Plus de la moitié des Marocains ont peur de parler politique ou de voter

332

Selon une enquête de l’institut Afrobarométre, plus de la moitié des Marocains auraient peur de parler politique ou de voter.

Selon une enquête de l’institut Afrobarométre, plus de la moitié des Marocains pensent qu’ils devraient prendre leurs précautions avant de parler politique, de voter ou encore d’appartenir à une organisation politique par peur du gouvernement. Cette enquête relayée par le quotidien Al Massae dans sa parution du mardi 30 avril ajoute que cela est dû au recul de 10 points qu’a connu la liberté d’expression dans le pays entre 2008 et 2018.

Selon cette enquête, 21% des Marocains interviewés trouvent que l’on est moins libres de parler politique actuellement, 17% pensent que l’on est moins libres d’appartenir à une organisation politique et 19% pensent que les organisations politiques ont moins de liberté à intervenir dans les affaires politiques ou à critiquer le gouvernement sans être victimes de pressions.

 

Lire aussi: La Tunisie, premier pays arabe en matière de liberté de la presse (RSF)

 

Près de 54% des Marocains considèrent par ailleurs que le gouvernement ne devrait pas contrôler et espionner leurs appels téléphoniques alors que 33% pensent que le gouvernement devrait surveiller les citoyens s’il doute d’une menace à la sécurité du pays. 51% des Marocains pensent que le gouvernement ne devrait pas décider des prêches dans les endroits de culte, tandis que 41% estiment que ce serait préférable surtout si une menace pèse sur les citoyens marocains.

 

Lire aussi: El Khalfi: « pas lieu de parler d’un recul de la liberté d’expression au Maroc »

 

Pour rappel, l’ONG Reporters sans frontières (RSF) avait décrit une liberté de la presse en recul au Maroc dans son classement 2018. Ce recul de deux rangs par rapport à l’année précédente est expliqué par l’ONG par les pressions judiciaires faites sur les journalistes.

RSF rappelle d’ailleurs qu’en 2017, « plusieurs procès ont été intentés aussi bien contre des journalistes citoyens que professionnels« , plusieurs sont actuellement incarcérés et des peines de prison et des amendes ont été prononcées. Des journalistes étrangers ont également déclaré avoir été empêchés de couvrir des événements tels que le Hirak du Rif.