Espagne/Covid: un Marocain contribue à la mise au point d’un «congélateur» atteignant les -200°C

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Installé en Espagne, Ali Abbad Andaloussi, fait partie d’un groupe de chercheurs qui a mis au point un nouveau système de réfrigération très performant, plus sûr et moins polluant. Un exploit bienvenu en ces temps de pandémie. Entretien.

Un nouveau système de transport et de conservation de vaccins a été présenté par les chercheurs de l’institut CMT Thermal motor de l’Université Polytechnique de Valence. Il s’agit d’un système de production autonome du froid, capable d’atteindre les -200°C, en utilisant uniquement l’air ambiant comme fluide de refroidissement.

Un exploit qui vient à point nommé et qui a tout naturellement fait la Une des quotidiens ibériques. Derrière cette prouesse technologique, une équipe de chercheurs dont fait partie un Marocain. Contacté par H24 Info, Ali Abbad Andaloussi, ingénieur mécanique explique que «l’intérêt pour (notre) travail a surtout été alimenté par le besoin urgent de trouver un moyen efficace de transporter les vaccins contre le Covid-19».

 

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En effet, l’équipe de chercheurs a entamé ses travaux «avant l’apparition même du Covid (…) mais avec cette pandémie (nous) avons vite su qu’il fallait redoubler d’efforts, pour ainsi apporter notre contribution», nous explique-t-il.

Le système développé par les chercheurs de l’institut CMT-Thermal Motors de l’Université Polytechnique de Valence./DR

Leur système est d’autant plus innovant qu’il ne s’appuie pas sur les méthodes traditionnelles, telles que l’azote liquide ou la glace sèche (forme solide du dioxyde de carbone, CO2). Ces techniques présentent plusieurs inconvénients nous explique le chercheur, étant donné que «le transport par voie aérienne de ces composés peut être dangereux, sans compter la rareté du CO2 pure en ces moments de pandémie».

De l’importance d’investir dans la recherche

 

Le rôle de notre chercheur originaire de Fès concerne le contrôle des systèmes automatiques. Plus concrètement, il s’agit de pouvoir «penser l’autonomisation de l’appareil et de pouvoir expliquer à (mes) collègues ce qui se passe à l’intérieur de l’appareil, c’est-à-dire scruter les variables physiques, la température, la pression, etc.», nous explique Ali Abbad Andaloussi, soulignant avec fierté que ce système a déjà atteint la phase de commercialisation.

L’ingénieur a déjà travaillé sur de nombreux projets en Espagne, où il s’est rendu durant les années 1990 pour ses études. «Une chance», nous confie-t-il, se demandant qu’elle aurait été sa vie si l’opportunité de quitter le pays ne se serait pas présentée.

 

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Aujourd’hui, ce quarantenaire affirme que «comme tout Marocain à l’étranger, (je) ne fermerai jamais la porte à mon pays (…) si l’opportunité se présente d’aider, d’apporter des solutions au Maroc alors je n’hésiterais pas».

«Ce ne sont pas les idées qui manquent au Maroc, et il y a de brillants chercheurs et scientifiques qui publient énormément à l’étranger. Ce qui manque, c’est l’intérêt que doivent susciter ces avancées, et puis il s’agit toujours ici d’un intérêt économique, car sans budget, il n’y a pas de recherche», souligne toutefois notre interlocuteur qui pointe du doigt les «conditions de travail qui empêchent plusieurs d’entre nous de rentrer au bercail».