Enseignement supérieur: Amzazi en dit plus sur la réforme du Bachelor (bac+4)

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Le ministère de l’Education nationale et les universités (publiques et écoles reconnues par l’Etat) s’étaient mis d’accord en début d’année. A la rentrée 2020-2021, le modèle du bachelor (bac+4) sera proposé aux côtés de celui de la licence en trois ans dans les établissements de l’enseignement supérieur public, le privé suivra.

En avant-première pour le quotidien L’Économiste, le ministre de l’Education nationale Saaïd Amzazi a confié les détails de cette nouvelle architecture des filières. En premier lieu, il évoque à l’heure actuelle des « taux de diplomation qui ne sont pas bons », précisant que « seulement 13 à 20% des étudiants, selon les spécialités, arrivent à obtenir la licence en trois ans », soit sans redoublement.

A cet égard, le ministre a souhaité réviser la licence non seulement en mettant en place une diplomation bachelor en quatre ans, mais aussi en instaurant une orientation active, dans le but de décongestionner les universités surchargées à cause de « l’accès ouvert ». Il a cité l’exemple de certaines facultés de droit qui accueillent 30.000 étudiants, pour une capacité de 10.000.

Ainsi, un « portail national d’orientation » sera mis en place pour les lycéens dès octobre prochain, doté d’un système de profilage automatique avec les notes de l’élève depuis le brevet et les appréciations des enseignants.

 

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Deux grandes nouveautés: la capacité d’accueil des établissement devient un critère d’acceptation du candidat et un « professeur principal » sera mis en place pour chaque classe, dans le but d’assurer une cohérence de l’orientation des élèves.

Un « test de positionnement » est prévu « pour accompagner l’introduction d’une année fondatrice (1ère année, ndlr) du bachelor ». Ce test permet de « remédier aux lacunes disciplinaires et linguistiques du bachelier, de redéfinir son orientation, et d’assurer une meilleure transition entre le secondaire et le supérieur », explique Amzazi, précisant que dans un premier temps, ce test sera facultatif et ne concernera que les langues.

Avec cette réforme, on ne raisonne plus en termes d’années mais en terme de crédits par enseignement. Ceci permet aux étudiants de se réorienter plus facilement, sans perdre leurs acquis.

 

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Côté langues, le ministre annonce que « l’obtention du bachelor sera conditionnée par la maîtrise d’au moins une langue étrangère ». Le niveau B2 est obligatoire à la validation du diplôme, quand bien même l’étudiant aurait validé tous ses modules.

Enfin, Amzazi déclare à nos confrères que la réforme concerne également les écoles d’ingénieurs et les établissements à accès régulé. « Il faut absolument que tout accès à l’enseignement supérieur passe par le bachelor, pour ensuite s’orienter vers une spécialisation, en ingénierie, médecine, pharmacie… », martèle-t-il.