Enseignement privé: la fuite en avant de Bassima Hakkaoui

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Interrogée lors de son passage devant le Comité des droits de l’enfant de l’ONU sur les inégalités que crée la prolifération des écoles privées, la ministre de la Famille a eu du mal.
Le Maroc a ainsi été épinglé sur la cherté de l'enseignement privé handicapante pour certains, mais également source d'inégalités en droits et de chance. À cela s’ajoute la «migration» des enseignants du public vers le privé.
 
Rappel à l'ordre
La réponse de la ministre a été pour le moins étonnante. Elle a d’abord défendu le système privé, mettant en avant le fait que ce dernier favorise la promotion d’une compétition libre entre les écoles. Bassima Hakkaoui a d'ailleurs affirmé que le Maroc espère atteindre 20% d’enfants scolarisés dans le privé. Réaction du comité, un rappel à l’ordre, en soulignant que l’éducation est un bien public garanti en tant que tel depuis la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948. Le comité n'a pas hésité à rappeler un discours du roi Mohammed VI dans lequel le souverain dénonce les inégalités créées par le développement de l’enseignement privé. Ce n’est qu’après que Hakima est revenue sur ses déclarations, les voilant sous la promesse d'une réforme du système éducatif sur laquelle son gouvernement s’est engagé.
 
Verdict
«Les réponses apportées par le gouvernement aux questions du Comité des droits de l’enfant ne répondent pas aux problèmes structurels essentiels de discriminations dans le système éducatif posés notamment par la privatisation de l’éducation dans le pays», a commenté  Sylvain Aubry, chercheur sur le droit à l’éducation pour la Global Initiative for Economic, Social and Cultural Rights (GI-ESCR), une ONG internationale de défense des droits de l’Homme.
 
Le comité des droits de l’enfant publiera à la fin du mois son "verdict" sur la politique du Maroc en matière d'enseignement. Et il n’est pas dit que celui-ci soit tendre.